Etudes économiques
Maurice

Maurice

Population 1,3 millions
PIB par habitant 8 827 $US
A4
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2020 2021 2022 2023 (e) 2024 (p)
Croissance PIB (%) -14,6 3,5 8,3 4,6 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,5 4,0 10,8 9,5 6,5
Solde public / PIB (%) -10,4 -4,8 -4,7 -4,2 -4,0
Solde courant / PIB (%) -8,8 -13,3 -13,5 -8,2 -6,0
Dette publique / PIB (%) 94,6 88,4 80,9 78,1 77,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2023 allant du 1er juillet 2022 au 30 juin 2023

POINTS FORTS

  • Institutions démocratiques stables et excellent climat des affaires
  • Situation stratégique entre Afrique et Asie
  • Secteur financier offshore florissant
  • Modernisation et diversification du secteur sucrier (raffinage industrialisé, centrale à biomasse, bioéthanol)
  • Accords de libre-échange avec la Chine et l'Inde
  • Bilinguisme (anglais et français)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance commerciale, économique et politique vis-à-vis de l'Europe et de l'Asie, surtout de la Chine et de l’Inde
  • Dépendance extrême aux importations de produits alimentaires et d'énergie
  • Situation insulaire, petit marché intérieur et infrastructures médiocres
  • Manque de travailleurs qualifiés et baisse de la compétitivité des exportations
  • Taux de chômage élevé parmi les plus jeunes (20% début 2023 pour la catégorie 16-24 ans)

Appréciation du risque

Une croissance portée par le tourisme

Après une année 2022 marquée par une croissance économique rapide soutenue par la renaissance du tourisme (20% du PIB en 2019), l’année 2023 a affiché un niveau de croissance moindre, reflétant les effets du ralentissement de l’économie et de la demande en Europe, marché clé pour l’île, ainsi que la politique économique (surtout monétaire) restrictive. La croissance devrait se stabiliser en 2024, tout en restant confortable, encore soutenue par la reprise même plus mesurée du tourisme, un renforcement du secteur de la construction, et une expansion du secteur manufacturier et des services financiers. La redynamisation des exportations (50% du PIB en 2022), principalement d’articles vestimentaires (24%), de produits de la pêche (14%) et de sucre (9%) profite également à la croissance. La consommation privée (70% du PIB en 2022) continuera à bénéficier du regain de l’activité touristique, d’un taux de chômage en baisse (passant d’un pic à 10,5% début 2021 à 6,7% début 2023) et d’une inflation plus modérée. Après s’être envolée en 2022, dans le sillage de l’explosion des cours mondiaux des produits agricoles et de l’énergie, importés en presque totalité, l’inflation a ralenti en 2023, accompagnant leur baisse. Cette tendance a été soutenue par la Banque de Maurice, dont le taux d’intérêt principal est monté à 4,5% en juin 2023, depuis 1,85% pendant la pandémie. L’inflation devrait continuer à baisser en 2024, et la politique monétaire pourrait être prudemment desserrée, dans le sillage de la FED et de la BCE, tandis que le déploiement d’un nouveau cadre en janvier 2023, comprenant, entre autres, un objectif d’inflation de 2 à 5%, améliorera sa transmission. De plus, le gouvernement continuera à soutenir le pouvoir d’achat des ménages en subventionnant le pétrole et certains produits alimentaires. Par ailleurs, l’investissement en capital fixe (19,3% du PIB en 2023) devrait rester relativement stable en 2024.

 

Les déficits jumeaux se modèrent

Très malmenée par la pandémie, la situation budgétaire devrait continuer de s’améliorer petit à petit grâce à la modération des dépenses d’investissement qui se concentreront sur le tourisme et la réduction de la dépendance énergétique et alimentaire, ainsi qu’aux recettes tirées de la croissance de l’économie. Néanmoins, l’augmentation de certaines subventions (pétrole, alimentation) et des aides sociales, dont l’augmentation de la pension de retraite minimale prévue pour 2023/2024 pèseront, d’autant plus que la population mauricienne vieillit, avec un ratio de dépendance (pour les 65 ans et plus) qui passera de 0,4 retraités pour un actif à 0,5 en 2034. Légèrement réduit, le déficit public restera financé principalement par des emprunts intérieurs. Le poids de la dette publique rapporté au PIB, dont le quart est externe, suivra la même trajectoire.

Le compte courant affiche toujours son déficit structurel, résultat d’un lourd déficit commercial (28,8% du PIB en 2022) causé par la forte dépendance à l’approvisionnement extérieur (les importations représentaient 63% du PIB en 2022), mais aussi la coûteuse logistique tributaire de l’insularité et le niveau élevé des cours mondiaux. Toutefois, le rétablissement du tourisme, le développement des exportations vers l’Europe et, de plus en plus, vers l’Inde et la Chine, avec lesquelles les traités de libre-échange et de non double imposition soutiennent aussi l’activité de transbordement et les services financiers, devraient encore réduire le déficit en 2024. Par ailleurs, l’attractivité de l’île promue comme destination de luxe et son retrait des listes du GAFI et de l’UE des paradis fiscaux fin 2021 stimuleront les IDE (principalement dans l’immobilier et la construction de tourisme, les services financiers et d’assurance). Les sociétés offshores (Global Business Companies), attirées par une fiscalité avantageuse, font de l’archipel le « Luxembourg de l’Afrique » : leurs bénéfices « rapatriés » en dollars sont enregistrés comme revenus primaires et déposés dans des banques locales. Ces flux entrants et son repli en niveau devraient faciliter le financement du déséquilibre courant.

Malgré des tensions sociales, le premier ministre conserve le soutien de la population

La coalition, l’Alliance Morisien, menée par le Premier ministre Pravind Jugnauth a conservé une confortable majorité absolue à l'Assemblée nationale à l'issue des législatives de 2019, et devrait être reconduite aux prochaines élections prévues en 2024, face à une opposition faible et fragmentée. Toutefois, des tensions sociales et des mouvements de protestation sont à craindre dans un contexte d’inflation, de baisse des niveaux de vie, de corruption, et suite au troisième report des élections municipales (prévues initialement en 2023) qui se tiendront finalement en 2025.

Sur le plan extérieur, Maurice continuera à entretenir des liens solides avec les pays européens, la Chine et l'Inde, ses principaux partenaires économiques. Le traité de libre-échange signé avec la Chine, ainsi que l’accord commercial (CECPA) signé avec l’Inde, entrés en vigueur en janvier 2021, devraient favoriser les exportations dans les années à venir.

 

 

Dernière mise à jour : Octobre 2023

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