Etudes économiques
Malawi

Malawi

Population 20,9 millions
PIB par habitant 568 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 5,4 0,9 2,2 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 9,4 8,6 9,3   8,0
Solde public / PIB (%)* -4,5 -6,3 -7,1 -9,1  
Solde courant / PIB (%) -13,8 -11,7 -11,5 -11,0
Dette publique / PIB (%)* 45,3 52,8 57,3 61,9

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2021 du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021 / Dons inclus

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles (tabac, thé, café, sucre, soja)
  • Secteur des services en pleine expansion
  • Retour du soutien des bailleurs de fonds (suspendu un temps pour cause de corruption)
  • Membre de la SADC (Southern African Development Community) et de la COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa)

POINTS FAIBLES

  • Économie dominée par l’agriculture, vulnérable aux aléas climatiques ; pays très affecté par le changement climatique
  • Insécurité alimentaire et enclavement géographique
  • Accroissement de la pauvreté extrême (70 % de la population en 2020)
  • Déficit infrastructurel (eau, énergie, transport, éducation, santé) et environnement des affaires défaillant
  • Corruption généralisée (129/180 d’après l’indice de perception de la corruption de Transparency International)

Appréciation du risque

Une croissance portée par le secteur agricole

La croissance économique, sans pour autant atteindre le niveau pré-pandémie, augmentera en 2022, à mesure que la production agricole regagnera en vivacité. Bien que les perspectives du secteur, représentant 23 % du PIB, resteront soumises aux aléas climatiques, il sera soutenu par des subventions, notamment via le Programme d’intrants abordables (AIP), stimulant la production, principalement de maïs. Alors que 76 % des emplois sont liés à l’agriculture, sa reprise favorisera la consommation des ménages (64 % du PIB). Cependant, le pouvoir d’achat sera limité par une inflation élevée, due à la dépréciation du kwacha malawien, qui alourdit la facture des importations. Une consommation privée plus vigoureuse permettrait au secteur tertiaire de poursuivre sa reprise en 2022. L’investissement public, principalement axé sur le développement des infrastructures (routes, énergie et irrigation), sera également un moteur de la croissance. Le projet d’interconnexion régionale Mozambique-Malawi, financé par la Banque Mondiale, inclut, par exemple, la construction d’une ligne électrique haute tension devant approvisionner les entreprises et les ménages. Le développement du secteur minier, pourrait attirer les investissements privés, comme le projet de niobium de Kaniyka, qui serait le premier d’exploitation de ce minerai en Afrique. Cependant, ils resteront largement pénalisés par la faiblesse de la fourniture énergétique (70 % de l'électricité du pays générée par des centrales hydroélectriques) et un environnement opérationnel difficile.  La contribution nette des échanges à la croissance restera négative car l’accroissement des exportations agricoles, dominées par le tabac (53 % des recettes d’exportations), le thé et le café (10 %), sera tempéré par la hausse des importations, tirée par la demande intérieure.

 

Le risque de surendettement s’intensifie

Malgré une hausse des recettes fiscales, liée à l’accélération de la croissance, le déficit public devrait s’aggraver en 2022. Les dépenses, déjà élevées, continueront d’augmenter dans le cadre des investissements de la stratégie de croissance et de développement Malawi III. En plus de la hausse des dépenses en infrastructures, les subventions agricoles accordées par le programme AIP pèseront lourdement sur le déficit public. Son financement nécessite un recours accru à l’endettement, notamment domestique, qui couvre 85 % du besoin de financement. En conséquence, la dette publique continue d’augmenter. La hausse de sa part domestique (22% du PIB), principalement détenue par des banques commerciales, contribue largement à des taux d’intérêts élevés, qui absorberaient plus de 27 % des recettes intérieures prévues par le gouvernement en 2021/22. De plus, même si l’endettement reste majoritairement détenu par les créanciers multilatéraux (près de 60 % de la dette extérieure), les prêts non-concessionnels auprès des banques régionales de développement (notamment l’Afreximbank) participent aussi à l’augmentation du service de la dette. Le risque de surendettement est très élevé.

 

Le déficit courant, structurellement important en raison de la dépendance du pays à l'égard des importations de carburant, de biens d'équipement et d’engrais, devrait légèrement diminuer. Le déficit de la balance commerciale ne se réduira que marginalement car la hausse des recettes d'exportation (tabac, thé, sucre), liée à la reprise de la demande extérieure et à la bonne tenue de la production agricole, sera en partie compensée par le poids des importations. La balance des services se creusera avec le redressement des paiements pour ceux de transports. Le déficit des revenus primaires, lié aux rapatriements des bénéfices des entreprises étrangères, continuera de peser sur la balance courante, alors que l’excédent du solde des transferts courants sera porté par les remises des expatriés (environ 8 % du PIB). Le pays restera tributaire des apports de l'aide extérieure au développement pour financer le déficit courant. Les autorités pourraient chercher à obtenir un nouveau programme avec le FMI en 2022. Le large déficit courant exerce des pressions sur le kwacha malawien, qui s’est déprécié de plus de 6 % en 2021, et les réserves de change, représentant moins de six semaines d’importations.

 

Un climat social tendu déjà tendu pour le nouveau gouvernement

Après l’annulation par la Cour constitutionnelle de l’élection présidentielle de 2019, pour motif de falsification des résultats, Lazarus Chakwera, leader du Malawi Congress Party (MCP), a remporté la nouvelle élection présidentielle de juin 2020, obtenant 59 % des voix devant le président sortant Peter Mutharika (depuis 2014). Le MCP détient 59 sièges (sur 193) au parlement, et il devrait continuer à diriger un gouvernement minoritaire grâce au soutien du United Transformation Movement (5 sièges), du People’s Party (5) et de 33 indépendants, tandis que le Democratic Progressive Party est désormais le principal parti d’opposition. Le nouveau gouvernement doit déjà faire face à un climat social tendu, aggravé par la crise de la COVID-19. Le mécontentement de la population est entretenu par la pauvreté endémique, les scandales de corruption, la mauvaise gestion des fonds publics et des services publics déficients. Dans ce contexte, des manifestations contre l’augmentation du coût de la vie ont éclaté en novembre 2021, et se sont soldées par des affrontements violents avec les forces de l’ordre. Les prix des biens de première nécessité et la menace de la COVID-19 devraient rester une source de crispation sociale majeure en 2022.

 

Les autorités cherchent à renforcer les liens avec la Chine, qui détient déjà la moitié de la dette extérieure bilatérale. Elle finance, par exemple, une centrale électrique au charbon à Kammwamba, dans le sud du Malawi.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

Haut de page
  • English
  • Français
  • Deutsch