Etudes économiques
Yémen

Yémen

Population 32,5 millions
PIB par habitant 580 $US
E
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 2,1 -8,5 -2,0 1,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 10,0 30,0 32,0 25,0
Solde public / PIB (%) -5,3 -5,2 -5,0 -5,0
Solde courant / PIB (%) -3,9 -5,8 -8,0 -7,0
Dette publique / PIB (%) 76,5 83,0 75,0 62,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Larges réserves gazières, bien que largement inexploitées, dont la production pourrait augmenter dans les années à venir
  • Position stratégique sur le détroit de Bab el Mandeb, au seuil de la mer rouge

POINTS FAIBLES

  • Guerre civile, accompagnée d’une crise économique et humanitaire, et division du pays
  • Pauvreté extrême : 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit le pays le plus pauvre de la péninsule arabique et un des plus pauvres au monde
  • Famine due aux pénuries de biens de première nécessité
  • Manque d’infrastructures dans les secteurs de la santé, l’éducation et les systèmes d’assainissement des eaux
  • Ressources en eau en raréfaction
  • Importateur net d’énergie
  • Climat des affaires dégradé (bureaucratie, corruption, infrastructures détruites ou inexistantes)

Appréciation du risque

Les Houthis en passe de diriger le pays

Déjà extrêmement fragilisé par la guerre civile qui le frappe depuis 7 ans et a causé la mort de 370 000 personnes (d’après l’ONU), le Yémen a été fortement affecté par la pandémie de COVID-19, conduisant le pays dans une des plus graves crises humanitaires au monde. Le pays est divisé en deux territoires, chacun avec son administration, rendant impossible une gestion d’ensemble cohérente. Depuis 2015, le nord et la capitale Sanaa sont contrôlés par les rebelles Houthis, dirigés par Mohammed al-Houti et son Conseil révolutionnaire. Au Sud, avec Aden, ce sont les loyalistes, regroupant, depuis 2020, le gouvernement du président Hadi, reconnu internationalement, et le Conseil de transition du Sud (autonomiste), dirigé par Aidarous al-Zubaid, soutenus par l’Arabie Saoudite. Malgré plusieurs tentatives de l’ONU et des Etats-Unis, une résolution de l’ONU imposant aux Houthis un embargo sur les armes et des sanctions ciblées, et les appelant à se retirer, le conflit n’a quasiment pas cessé. Après une brève trêve suite à l’irruption de la pandémie de COVID-19, les combats ont repris au sud, s’intensifiant même en 2021. En novembre, les troupes progouvernementales se sont retirées du port stratégique de Hodeida, principal point d’entrée de l’aide humanitaire et des importations, dont le pays dépend à près de 90 % pour ses denrées alimentaires, laissant le champ libre aux Houthis. Cette stratégie venait d’une décision de se recentrer sur la région du Marib, considérée, jusque-là, comme l’une des dernières oasis de stabilité du pays, afin de la protéger de l’arrivée des Houthis. Cette dernière région du nord contrôlée par le gouvernement dispose d’importantes ressources pétrolières qui attisent la convoitise. Les Houthis sont, malgré tout, parvenus à encercler la ville du même nom, faisant déplacer ainsi des dizaines de milliers de civils. En réplique aux attaques de drones sur des sites saoudiens, la coalition militaire regroupant des pays du golfe, sous-direction saoudienne, procède à des bombardements. En 2022, les Houthis pourraient sortir victorieux de cette bataille, ce qui signerait un tournant dans la crise yéménite, amputant alors une grande partie des recettes fiscales du gouvernement. De plus, cela aurait des conséquences économiques et sociales dramatiques, si le pays, dans lequel 2/3 de la population souffre de famine, était effectivement dirigé par les Houthis, dont les méthodes, y compris envers les civils ne sont pas tendres. Encouragée par les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, principal soutien au gouvernement Hadi, cherche à s’extirper d’un conflit qui s’enlise depuis des années et lui coûte (presque 100 milliards de dollars dépensés). Déjà, son allié, les Émirats Arabes Unis ont fortement réduit leur engagement militaire.

 

Une économie divisée et dépendante de l’aide étrangère

L’économie yéménite est extrêmement impactée par la guerre, et ne s’améliorera que très doucement tant qu’elle durera. D’abord, la consommation privée, de loin sa principale composante, ne cesse de s’affaiblir suite aux pénuries de biens de première nécessité et à la forte hausse de l’inflation. Elle est largement financée par les envois de fonds d’expatriés et les aides internationales qui ont pâti de la COVID-19. Cependant, en septembre 2021, les Etats-Unis, l’Union Européenne et d’autres pays ont apporté un soutien total de 600 millions de dollars. L'aide internationale supporte la santé, l'alimentation, l'eau potable et l'éducation, dans un pays où l’investissement public est nul. L’inflation restera élevée en 2022, particulièrement en zone sud où le financement monétaire du déficit et les déboires militaires participent à l’effondrement de la valeur du riyal local. Les problèmes d’approvisionnement se perpétueront avec la prise du port Hodeida par les Houthis, qui pousse les prix des biens de première nécessité à la hausse. En juillet 2021, le riyal du sud avait atteint son plus bas niveau depuis le début de la guerre (en 2015, il était de 215 rials pour un dollar, et en juillet 2021, de 1400 rials pour un dollar, contre 600 pour le riyal de Sanaa). Cependant, le secteur du pétrole, important dans l’économie, permettra de sortir de la récession en 2022. Néanmoins, l’épuisement des gisements pétroliers couplé au manque de forages afin d'en trouver de nouveaux, réduisent la production de pétrole et de gaz. Enfin, le secteur agricole (10% du PIB et 65% des emplois), qui se concentre sur la culture de blé, millet, khat, coton et café, souffre d’un réel problème d’infrastructures, notamment de système d’irrigation et d’assainissement de l’eau. 

 

Des déficits publics et extérieurs financés par l’aide internationale

Le déficit courant devrait se réduire en 2022 via l’amélioration du déficit commercial. En effet, le pays va bénéficier des prix toujours soutenus du pétrole (70% des exportations du pays en 2019). En parallèle, les importations souffriront toujours de la dépréciation de la monnaie, de la faiblesse de la consommation et de la prise de plusieurs points d’entrée des marchandises par les Houthis. La forte chute des envois de fonds (10% du PIB) qui constituent la principale source de monnaie étrangère, avait lourdement pesé sur la balance des transferts et devraient se redresser. Avec des faibles réserves de change, le financement reposera sur l’aide internationale. Les promesses de dons s’élevaient en 2021 à 1,7 milliards de dollar, montant qui ne suffira pas.

 
Le déficit public restera important, si le gouvernement perdait le contrôle de la région de Marib et de ses ressources pétrolières (principale source de revenus). Enfin, la dette publique, qui avait profité de la facilité de remboursement mise en place via l’initiative de suspension du service de la dette octroyée par le club de Paris jusqu’en 2021, s’allègera progressivement.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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