Etudes économiques
Mongolie

Mongolie

Population 3,4 millions
PIB par habitant 4 483 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2020 2021 2022 (e) 2023 (p)
Croissance PIB (%) -4,6 1,4 4,8 5,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,7 7,1 14,5 9,7
Solde public / PIB (%) -9,3 -4,2 -1,9 -2,3
Solde courant / PIB (%) -5,1 -12,8 -19,0 -13,9
Dette publique / PIB (%) 83,4 67,8 71,7 72,2

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Développement de ressources minières colossales (charbon, cuivre, or, fer) avec plus de 70% des entrées d’IDE destinés au secteur minier
  • Position géographique stratégique entre la Chine et l'Europe/Russie (projet de développement de la Route de la Soie)
  • Potentiel de diversification de la production, notamment agroalimentaire (bétail, produits laitiers, viande, cachemire) et tourisme 

POINTS FAIBLES

  • Petite économie vulnérable aux variations des prix des matières premières et à la demande chinoise
  • Forte dépendance à l’énergie russe et aux équipements chinois
  • Pays enclavé
  • Dissensions politiques internes
  • Dégradation massive des sols, 90 % des vastes prairies sont menacées par la désertification (tempêtes de poussière fréquentes)
  • Niveau alarmant de corruption et gouvernance fragile (justice, dépenses publiques, entreprises d'État, licences minières et marchés publics)
  • Risques liés à la montée des inégalités (27.8% de la population vivant dans la pauvreté en 2020) en raison d'un développement minier moins inclusif, rendant la diversification d’autant plus indispensable 
  • Réserves de change insuffisantes pour absorber les chocs extérieurs

Appréciation du risque

La reprise des échanges avec la Chine soutiendra la croissance

Malgré la réouverture complète du pays en 2022, la reprise économique a été freinée par l'assouplissement progressif des restrictions liées au Covid à la frontière chinoise. Celles-ci ont limité les échanges entre les deux pays, dont dépend le secteur minier mongol. En conséquence, le secteur minier (près de la moitié du PIB) a continué à se contracter. En 2023, la dynamique économique devrait s'accélérer avec la levée de la plupart des restrictions à la frontière avec la Chine - cette dernière représentant près de 90% du total des exportations de biens. Deux nouvelles lignes de train entre les pays permettraient également d'accélérer les exportations. Après des retards dus à la pandémie et aux négociations avec le gouvernement mongol, l'extension d'Oyu Tolgoi, l'une des plus grandes mines de cuivre et d'or du monde, devrait commencer à être opérationnelle au premier semestre 2023, soutenant ainsi la production minière. La demande dynamique de cuivre dans un contexte mondial de transition énergétique et d'expansion des véhicules électriques soutiendra la demande. Cela favorisera à son tour l'investissement privé, qui devrait continuer à se développer fortement. Les mesures de soutien aux ménages, telles que les remises d'argent via leChild’s Money Program, et la réduction du taux de chômage soutiendront la consommation privée (52% du PIB). Néanmoins, elle restera altérée par une inflation élevée, qui affecte le revenu réel et le pouvoir d'achat. La dépréciation du Tögrög mongol (-17% en 2022) et les ruptures d'approvisionnement sur les importations de base - liées aux sanctions internationales contre la Russie, dont la Mongolie dépend entièrement pour son carburant - continueront de créer des pressions inflationnistes. L'inflation ayant constamment dépassé l'objectif de 4 à 8 % fixé par la Banque de Mongolie à partir d'août 2021, la banque centrale a commencé à augmenter son taux directeur en janvier 2022. En février 2023, elle l'avait fait passer d'un plancher record de 6 % à 13 %.

 

La dette externe constitue un risque élevé pour les finances publiques

Après des manifestations demandant au gouvernement de réduire les dépenses superflues, une loi d'austérité fut adoptée en avril 2022. Elle implique des réductions de dépenses, principalement axées sur la restructuration des entreprises publiques et les coûts administratifs. Cela, ainsi que des recettes plus élevées qu’escompté, ont aidé le gouvernement à réduire le déficit budgétaire dans une plus grande mesure que prévu. En 2023, les recettes publiques devraient croître, notamment grâce à l'activité minière. Cependant, la hausse des dépenses - notamment dans l'éducation, la santé et l'aide sociale - devrait entraîner un déficit budgétaire plus marqué, bien qu’il restera plus faible que lors de la pandémie. Malgré l'amélioration de la gestion budgétaire, le risque souverain demeure. Dans un contexte d'inflation importée élevée, de resserrement des conditions financières, et de minces réserves de change, la forte dépendance à l'égard des financements extérieurs suscite des inquiétudes. En 2021, 95 % de la dette publique était extérieure. Bien qu'une augmentation ait été observée à la fin de 2022, les réserves internationales s'élevaient à 3,6 milliards USD en janvier 2023, soit 4 mois d'importations. Si les remboursements de la dette souveraine arrivant à échéance en 2023 et 2024 ont été réduits grâce à un exercice de refinancement de la dette, les pressions exercées par les passifs éventuels persistent. La Banque de développement de Mongolie, entièrement détenue par l'État, doit rembourser une obligation extérieure de 800 millions USD cette année, alors qu'elle fait face à une part importante de créances douteuses. 

Un déficit courant réduit, mais encore considérable, pourrait accroître les pressions sur les liquidités. La réduction du déficit sera principalement le résultat d'un excédent commercial accru par des exportations plus importantes vers la Chine, tandis que les importations liées aux investissements miniers devraient se modérer avec l'achèvement progressif des projets. Cependant, le déficit courant restera important, car celui de la balance des services, affecté par la fermeture de la Russie au tourisme international, pourrait croitre avec la reprise du commerce entraînant une hausse des coûts de fret. Parallèlement, le rapatriement des bénéfices et les paiements d'intérêts devraient peser sur le déficit de la balance des revenus. Les investissements, notamment les entrées d'IDE dans le secteur minier, pourraient ne pas suffire à couvrir entièrement le déficit courant. Un accord de swap de 1,8 milliard USD avec la PBOC va devoir être reconduit en 2023.

 

Une frustration publique accrue

L'élection présidentielle de juin 2021 a consolidé le pouvoir du Parti populaire mongol (MPP) au Parlement monocaméral (62/76 sièges depuis juin 2020), l'ancien Premier ministre et leader du MPP, Ukhnaa Khurelsukh, ayant remporté l'élection haut la main. Cependant, le mécontentement de la population a augmenté en 2022. Les problèmes économiques et sociaux, concomitants à un niveau élevé de corruption, ont créé des frustrations. Le pays est classé 111e sur 180 pays dans l'indice de perception de la corruption de Transparency International. En décembre 2022, un scandale de corruption impliquant des fonctionnaires soupçonnés d'avoir détourné les bénéfices des exportations de charbon a déclenché des scènes de violence. Compte tenu du niveau élevé de pauvreté et d'inégalité, et de l'inflation qui devrait rester élevée, les tensions pourraient réapparaître au cours de l'année 2023. Pays enclavé fortement dépendant de l'approvisionnement russe, notamment en énergie, la Mongolie n'a pas pris ses distances avec le Kremlin, malgré la guerre en Ukraine. Elle faisait partie des pays qui se sont abstenues de réclamer la fin de la guerre et d'exiger que la Russie quitte le territoire ukrainien lors de l'Assemblée générale des Nations unies en février 2023.

 

Dernière mise à jour : Juin 2023

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