Etudes économiques
Moldavie (République de)

Moldavie (République de)

Population 2,6 millions
PIB par habitant 4 523 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 3,7 -7,0 4,5 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,3 4,4 3,0 6,0
Solde public / PIB (%)* -1,4 -5,2 -4,3 -6,0
Solde courant / PIB (%) -9,3 -6,7 -8,5 -9,5
Dette publique / PIB (%) 28,3 34,8 38,1 39,5

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Potentiel agricole (vin, fruits, légumes, tournesol, blé)
  • Accords d’association et de libre-échange avec l’UE (2014, étendus à la Transnistrie en 2016)
  • Soutien financier international
  • Main d’œuvre relativement peu coûteuse
  • Flexibilité accompagnée de la monnaie

POINTS FAIBLES

  • Pays le plus pauvre d’Europe, forte émigration (1 million d’émigrés sur 3,4 millions d’habitants)
  • Importance du secteur informel, faible productivité
  • Corruption, faible gouvernance, système oligarchique et clientélisme
  • Crédit peu développé (20 % du PIB en 2020)
  • Dépendance à l’égard des transferts des travailleurs expatriés
  • Volonté sécessionniste en Transnistrie

Appréciation du risque

La demande intérieure comme moteur de la reprise

Tirée par la consommation privée, représentant plus de 80 % de son PIB, l’économie a retrouvé un rythme de croissance soutenu en 2021. La consommation s’est accrue avec l’amélioration des revenus des ménages provenant de l’augmentation des salaires, des aides sociales et des envois de fonds des expatriés. En 2022, la reprise se poursuivra, mais la consommation privée pourrait être bridée par les pressions inflationnistes, qui atteignaient 6,7 % en août 2021. La hausse des prix des produits alimentaires, due à une mauvaise récolte début 2021, et les prix record de l’énergie alimentent l’inflation qui devrait dépasser la cible de 5 % de la banque centrale en 2022. L’essoufflement de la reprise mondiale lié aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et au risque d’un retour de la crise sanitaire durant l’hiver 2021/2022, pourrait également réduire les envois de fonds, provenant de sa diaspora forte d’un million de personnes et représentant la moitié du revenu disponible pour 15 % des ménages. De plus, alors que les investissements, grâce aux conditions monétaires favorables, ont enregistré une hausse de près de 28 % en 2021, ils pourraient être contraints par la hausse du taux directeur (remonté à 5,5% en octobre 2021) de la Banque Centrale en réponse à l’inflation grimpante. Cependant, ils devraient être favorisés par l’ambitieux programme anti-corruption du nouveau gouvernement, sous réserve de sa mise en place. En outre, dans le contexte de crise énergétique liée à la flambée des prix du gaz, le pays, dont la fourniture énergétique repose à 100 % sur la société russe Gazprom, devrait continuer ses efforts de diversification de son approvisionnement, malgré la capacité budgétaire limitée. En effet, après avoir inauguré le gazoduc Ungheni-Chisinau de 120 km reliant le réseau gazier moldave à l’UE via la Roumanie, le pays a signé un accord d'achat de gaz avec la Pologne en octobre 2021 et bénéficiera d’une subvention de 60 millions d’euros de l’UE représentant deux mois d’approvisionnement.

 

Enfin, la vive demande intérieure et la reconstitution des stocks ont entraîné une forte croissance des importations en 2021, qui se prolongera en 2022. Dans le même temps, les exportations (27% du PIB en 2020) dépendront du rythme de la reprise des principaux partenaires commerciaux (l’UE et la Russie). Elles seront principalement tirées par le secteur agricole (12 % du PIB et 35 % de la main d’œuvre) ainsi que le secteur agroalimentaire (35 % des exportations). La contribution des échanges extérieurs à la croissance restera donc négative.

 

Déficits jumeaux élevés

Le déficit public, qui s’était fortement creusé en 2020, a diminué en 2021 grâce à la hausse des recettes induites par le rebond économique. En 2022, il se creusera de nouveau face à la hausse des dépenses publiques notamment dans la santé, l’éducation et la protection sociale. En conséquence, la dette publique (à 45 % extérieure) augmentera, tout en restant relativement modérée selon les normes internationales. Les aides européennes soutiendront largement les finances publiques avec un programme de relance de 600 millions d’euros de l’UE entre 2021 et 2024.

 

La position extérieure s'est détériorée, car les importations (principalement des dérivés de pétrole et machines) ont augmenté rapidement en volume et en valeur, plus que les exportations. La hausse du déficit commercial augmente le déficit courant, car non compensé par le faible excédent de la balance des services. De plus, la hausse des envois de fonds n’a pas suffisamment augmenté l’excédent du compte des transferts courants. Le pays restera fortement tributaire des emprunts et de l’aide financière des organisations multilatérales pour répondre à ses besoins de financement extérieur. La dette extérieure (68 % du PIB) provient aux trois-quarts du secteur privé (et majoritairement des sociétés non-financières).

 

Nouveau gouvernement pro-européen et tensions avec la Russie

Le Parti d'action et de solidarité (PAS), réformiste et pro-UE, a obtenu une confortable majorité (63 sièges sur 101 au parlement) lors des législatives anticipées du 11 juillet 2021 avec 52,8 % des voix. Le PAS, parti de la présidente Maia Sandu élue en novembre 2020 et succédant à Idor Dodon du Parti socialiste pro-russe, a récolté 86 % des suffrages de la diaspora moldave, confirmant ainsi la tendance du fort soutien de la diaspora observée lors de l’élection présidentielle. La majorité parlementaire du PAS, détenant seulement 24 sièges avant l’élection, devrait ouvrir la voie à une ère de stabilité politique sans précédent depuis plus d’une décennie. En effet, la nomination de Natalia Gavrilita en tant que Premier ministre du pays, devrait conduire à une période d'efforts proactifs pour faire avancer les réformes, notamment en termes de corruption, et rapprocher le pays de l’Union européenne.

 

Cependant, l’élection d’une présidente pro-européenne secoue les relations avec la Russie, accusée d’exploiter le levier gazier pour peser sur les liens avec l’UE. La société Gazprom a réduit d’un tiers son approvisionnement après expiration du contrat fin septembre 2021, avant de conclure un nouveau contrat de 5 ans débutant en novembre, toujours à un prix inférieur à celui des marchés européens, témoignant de la probable influence européenne dans la négociation. Par ailleurs, le gaz fourni par la Russie passe par la Transnistrie, un territoire séparatiste pro-russe ayant autoproclamé son indépendance sous le nom de République moldave du Dniestr en 1992, et où les forces russes sont présentes.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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