Etudes économiques
Honduras

Honduras

Population 9,9 millions
PIB par habitant 2 397 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 2.7 -9,0 12,5 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,4 3,5 4,5 8,0
Solde public / PIB (%) -0,9 -4,6 -2,7 -3,5
Solde courant / PIB (%) -1,4 2,7 -4,9 -4,9
Dette publique / PIB (%)* 46,5 50,9 48,1 49,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Ensemble du secteur public non financier

POINTS FORTS

  • Relations privilégiées avec les Etats-Unis (accord commercial préférentiel, présence militaire)
  • Ressources agricoles
  • Soutien des bailleurs internationaux

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à la conjoncture américaine (exportations, IDE et remises des expatriés)
  • Dépendance aux importations de carburants et de céréales
  • Forte criminalité et corruption sur fond de pauvreté, d’insécurité alimentaire et de trafic de drogue
  • Informalité élevée de l’économie : 70% des actifs sont concernés
  • Ressource fiscale encore trop faible (16 ,9% du PIB en 2020)

Appréciation du risque

Ralentissement dans le sillage des Etats-Unis

Après sa forte reprise de 2021, l’activité, largement dépendante des Etats-Unis, devrait ralentir en 2022. La demande venue des Etats-Unis, première destination d’exportations (qui comptent pour 40% du PIB), bien qu’affaiblie, continuera de tirer la demande de produits textiles et agricoles. C’est aussi grâce au faible taux de chômage aux Etats-Unis que les flux de remises migratoires resteront soutenus (23,7% du PIB en 2020). Ils porteront la consommation des ménages (81% du PIB en 2020) qui sera l’un des piliers de la croissance. Cependant, ces flux ne seront pas suffisants pour contrecarrer les effets de l’inflation, largement supérieure à la fenêtre cible de la banque centrale.  Face à cette hausse des prix largement due à celle des produits importés, dont les hydrocarbures, la banque centrale est, pour l’instant, décidée à maintenir son taux directeur à 3%, afin de ne pas plus ralentir l’économie. Cette stratégie, en opposition à celle des principales banques centrales de la région, pourrait être mise à mal par la persistance de l’inflation au niveau mondial. La consommation publique devrait augmenter suite aux projets du nouveau gouvernement d’accroissements des dépenses dans l’éducation et la santé. Toutefois, ces dépenses ne seront réalisées qu’en cas d’obtention du soutien parlementaire, ce qui n’est pas encore acquis. Les programmes gouvernementaux devraient soutenir la construction d’habitations, notamment sociales, ce qui bénéficiera au secteur, déjà en croissance grâce aux travaux de reconstruction post-tempêtes de 2020. Du point de vue agricole, la production n’est toujours pas revenue au niveau d’avant les tempêtes Eta et Iota (novembre 2020), à l’exception du sucre. La production de café, de sucre et de fruits restera la principale source d’activité dans le secteur. Le secteur touristique est encore très peu développé. Reste à voir l’effet de l’ouverture du nouvel aéroport international de Palmerola à Tegucigalpa, pour remplacer celui de Toncontín, réputé comme l’un des plus dangereux du monde.

 

Un affaiblissement des comptes publics et extérieurs

Alors que le pays est sorti du programme FMI en janvier 2022, après avoir bénéficié de 773 millions de dollars d’aide depuis 2019, l’ouverture de nouvelles négociations avec le Fonds de la part du gouvernement Castro est probable, la nouvelle présidente souhaitant restructurer la dette. Des échanges préliminaires ont eu lieu, le Fond ayant montré son soutien au programme social du nouveau gouvernement. Tout nouvel accord comporterait des mesures relatives à l’entreprise publique d’électricité (ENEE), déjà considérée comme le maillon faible dans les finances publiques lors du dernier programme. Ces discussions devraient permettre au pays de continuer à bénéficier de multiples financements d’autres organismes multilatéraux (Banque mondiale, Banque Interaméricaine de développement, Banque Centre-Américaine de Développement) et bilatéraux (notamment Etats-Unis). Du point de vue des recettes, les récents développements de la numérisation de la collecte devraient permettre d’améliorer les rendements. Il en va de même avec la fin d’un grand nombre d’exemptions d’impôts pour les zones touristiques spéciales ou rurales, ainsi que les énergies renouvelables (le tout estimé à 1.5% du PIB). Toutefois, le ralentissement de l’activité pèsera sur leur croissance. Ces recettes supplémentaires ne suffiront pas à compenser les dépenses liées aux subventions sur l’essence mises en place pour soutenir les ménages face à la hausse des prix. Cela pourrait retarder le retour à l’équilibre prévu dans la loi de responsabilité fiscale qui fixe à 1% du PIB le niveau du déficit à partir de 2023.

 
Du point de vue des comptes extérieurs, le compte courant sera de nouveau négatif. Le dynamisme des exportations agricoles (sucre, café, bananes, melon, pastèque) et manufacturières (textile, habillement) ne sera pas suffisant pour compenser la hausse des importations. En effet, malgré le ralentissement de la demande interne et la fin des efforts de reconstruction, la facture d’importation, notamment pétrolière, augmentera avec la hausse des prix. Au déficit de la balance des biens s’ajoutent ceux des services (services commerciaux, tourisme) et des revenus primaires avec le rapatriement des dividendes issus des investissements étrangers. Les flux de remises des expatriés ne les compenseront que partiellement. Le reste du financement se fera via les investissements étrangers, les prêts multilatéraux, bilatéraux (aide des Etats-Unis dans le cadre des plans de lutte contre l’immigration illégale) et de potentiels tirages sur les réserves de change très confortables (sept mois d’importations fin 2021 après le dernier versement du FMI).

 

Une paysage politique sous tension suite aux élections

L’élection présidentielle de novembre 2021 a donné une large victoire à la candidate de l’opposition de gauche Xiomara Castro (Libre), avec 51% des voix, face au candidat du parti sortant Nasry Asfura (Partido Nacional) qui a réuni 37% des voix. Sa victoire marque la fin d’une décennie de pouvoir pour le Partido Nacional après trois mandats présidentiels. A cela s’ajoute, comme symbole de la fin d’une ère, l’extradition vers les Etats-Unis, en avril 2022, de l’ancien président Juan Orlando Hernandez, pour trafic de drogue. Cependant, sans majorité au parlement à la suite des législatives simultanées, le parti Libre devra négocier avec les autres partis pour mener à bien son agenda de réformes sociales. Des tensions sont à prévoir. Les mesures ne nécessitant pas d’approbation du Congrès ont plus de chance de succès. En février 2022, la Présidente Castro a demandé à l’ONU la mise en place d’une commission internationale contre l’impunité au Honduras. La situation sociale et politique sera largement observée par les Etats-Unis qui redoutent une aggravation qui favoriserait l’accroissement des flux migratoires vers le grand voisin du Nord.

 

Dernière mise à jour : Août 2022

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