Etudes économiques
Guatemala

Guatemala

Population 18,0 millions
PIB par habitant 4 317 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 3.9 -1,5 8,0 3,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,4 4,8 4,5 5,0
Solde public / PIB (%) -2,2 -4,9 -1,2 -2,8
Solde courant / PIB (%) 2,3 5,5 2,5 -0,5
Dette publique / PIB (%) 26,5 31,5 32,4 32,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Soutien financier des Etats-Unis et des prêteurs multilatéraux
  • Accords de libre-échange avec les Etats-Unis et l’UE
  • Proximité géographique des Etats-Unis et du Mexique
  • Fort potentiel touristique, agricole (bananes, café, sucre), minier, hydroélectrique, géothermique

POINTS FAIBLES

  • Faibles recettes fiscales
  • Faiblesse des infrastructures de santé, d’éducation, d’alimentation en eau et électricité
  • Pauvreté rurale, inégalités, sous-emploi, informalité, clivages ethniques
  • Vulnérabilité aux chocs externes (catastrophes naturelles et cours des matières premières en termes d’importations et d’exportations)
  • Forte dépendance à une industrie à faible valeur ajoutée et aux flux de remises des expatriés
  • Problèmes sécuritaires liés au trafic de drogue
  • Instabilité sociale et politique

Appréciation du risque

Une croissance économique plus résiliente que ses pairs

Le Guatemala continuera de se démarquer de ses voisins avec le maintien d’une croissance soutenue grâce aux plans d’investissements publics et aux remises des expatriés aux Etats-Unis. Ces remises seront portées par le faible niveau de chômage au sein de la population latino aux Etats-Unis. Représentant, en moyenne, autour de 30% du revenu des ménages, ces flux devraient continuer de soutenir leur consommation, à hauteur de 85% du PIB. Face au niveau élevé de pauvreté, notamment en zone rurale affectée par deux cyclones fin 2020, la hausse des dépenses sociales dans le budget 2022 et les aides pour faire face à la hausse des prix alimentaires et de l’énergie soutiendront surtout la consommation de biens de premières nécessités. L’inflation restera plus faible que dans les pays voisins. Elle devrait se situer en 2022 à la limite haute de la fenêtre cible de la banque centrale (4+/- 1%), voire légèrement la dépasser, si les pressions inflationnistes au niveau mondial ne baissent pas. Cela laisse présager une nouvelle hausse de son taux directeur, après le passage de 1,75% à 2% fin mai 2022. La hausse devrait cependant rester contenue, et son effet sur la croissance du crédit au secteur privé limité, alors que le président Giammattei a repris l’application de son agenda politique en faveur du monde de l’entreprise. L’élargissement des zones de libre-échange, en mai 2021, pourrait inverser la tendance à la baisse de l’activité dans ces zones sur les dernières années et attirer de nouveaux investisseurs étrangers. Malgré un ralentissement attendu aux Etats-Unis, l’activité américaine devrait continuer de profiter aux secteurs phares du pays, notamment agricole, agro-alimentaire, et chimique. Le secteur agricole profitera d’un effet de base favorable suite à une année 2021 plus difficile à la suite des intempéries de fin 2020. Les investissements publics en infrastructure prévus dans le cadre du plan de gouvernement 2022-2024 devrait bénéficier au secteur de la construction. Le secteur du tourisme, qui représente environ 10% du PIB, devrait continuer sa lente récupération au fil de l’abandon des restrictions au voyage dans les pays européens et aux Etats-Unis.

 

Une bonne santé budgétaire et un léger déficit courant

Le budget 2022 prévoit un stimulus fiscal se traduisant par une augmentation du déficit par rapport au budget 2021, réplique de celui de 2020, suite au rejet du projet initial. L’essentiel de son financement devrait provenir des recettes budgétaires, prévues en hausse suite à un effort sur leur collecte. Ces recettes, après avoir atteint en 2019 leur plus bas niveau historique (11,5% du PIB), sont en augmentation, mais la durabilité de cette hausse est encore incertaine, dépendante du succès des réformes prévues. Le reste du financement devrait venir de l’émission d’obligations à des taux relativement faibles sur les marchés internationaux (3,7% lors de la dernière émission d’obligations souveraines en septembre 2021). Des emprunts extérieurs, notamment auprès des prêteurs multilatéraux et des Etats-Unis pour des projets spécifiques de développement, complèteront. La dette publique restera largement contenue, particulièrement basse face aux standards régionaux.

Traditionnellement excédentaire, le compte courant devrait présenter un faible déficit. La balance des biens verra son déficit augmenter avec une plus forte demande en biens d’équipement pour soutenir l’activité et la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentaire. Le dynamisme des exportations de produits chimiques, agricoles (sucre, café, ananas) et textiles ne permettra pas de pleinement compenser cette hausse. La balance des services devrait elle aussi rester en déficit, alors que le secteur touristique n’est pas encore revenu à son niveau d’avant crise. La balance des revenus présentera un moindre surplus avec une hausse du rapatriement des dividendes des entreprises étrangères et une plus lente croissance des remises des expatriés (13,6% du PIB en 2019). Ce déficit courant ne devrait toutefois pas menacer les réserves de change, équivalentes à 8 mois d’importations fin 2021. Ces confortables réserves permettront de soutenir le quetzal qui restera surévalué en termes réels, affectant la compétitivité des exportations.

 

Un paysage politique toujours fragmenté

Malgré une forte côte de popularité au moment de sa prise de fonction en janvier 2020, Alejandro Giammattei a vu ses capacités d’action limitées par la fragmentation politique au sein de l’assemblée. Son parti, Vamos, ne concentre que 16 sièges sur les 160 au Congrès, divisé entre dix partis. Cela implique la formation de coalition au cas par cas pour l’adoption de toute réforme. Le succès de ces coalitions devrait être rendu de plus en plus difficile par l’approche des élections prévues en 2023, avec les partis d’opposition qui pourraient chercher à ralentir encore le rythme des réformes. A cela s’ajoute une grogne populaire grandissante depuis le début de la pandémie, qui s’est exprimée fin 2020 autour de l’adoption du budget 2021. Jugé trop peu transparent et trop orienté sur les investissements en infrastructure au détriment des programmes sociaux, le budget a finalement été abandonné face à l’ampleur des manifestations. Dans ce contexte, le thème de la corruption reste un sujet brûlant, notamment suite à l’éviction du procureur anti-corruption Juan Francisco Sandoval à l’été 2021, alors qu’il enquêtait sur des affaires de corruption dans l’entourage du président. L’administration Biden n’a eu de cesse de conditionner son aide au développement à la mise en place d’une véritable stratégie anti-corruption. La question migratoire restera aussi au centre des débats, alors que les espoirs d’une politique moins stricte de l’administration Biden ont favorisé les départs en 2021. La décision de la Cour suprême des Etats-Unis sur la nécessité pour ces migrants d’attendre la réponse à leur demande d’asile côté mexicain de la frontière pourrait toutefois modifier cette tendance. 

 

Dernière mise à jour : Juillet 2022

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