Etudes économiques
Ethiopie

Ethiopie

Population 97,2 millions
PIB par habitant 994 US$
C
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%)* 9,0 6,1 2,0 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %)** 15,8 20,4 25,2  22,0 
Solde public / PIB (%)* -2,5 -2,8 -3,0 -3,5
Solde courant / PIB (%)* -5,3 -4,6 -2,9 -3,0
Dette publique / PIB (%)* 58,0 55,4 57,1 60,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale du 8 juillet au 7 juillet. AF 2021 : 8 juillet 2020 au 7 juillet 2021 **Année calendaire

POINTS FORTS

  • Marché important de plus de 100 millions d’habitants
  • Carrefour aérien
  • Antécédents remarquables en matière de croissance et de réduction de la pauvreté (taux de pauvreté de 26% en 2020/2021)
  • Investissements publics dans le développement des infrastructures
  • Potentiel hydroélectrique, minier (phosphate, hydrocarbures) et touristique
  • L’un des principaux exportateurs de café du continent

 

POINTS FAIBLES

  • Agriculture (70% de l’emploi, mais 40% du PIB) peu productive, sensible aux aléas climatiques et à l’évolution des cours mondiaux des produits de base
  • Secteur manufacturier peu développe : moins de 6 % du PIB
  • Enclavement du pays : 95% des exportations passent par Djibouti
  • Faibles réserves de change, manque de devises et restrictions aux importations
  • Handicaps persistants sur le plan de l’environnement des affaires et de la gouvernance
  • Faible développement du système bancaire
  • Alimentation électrique insuffisante
  • Environnement régional instable et fortes tensions ethno-politiques

Appréciation du risque

Le conflit pèsera sur la reprise en 2022

Ralentie par le conflit dans la région du Tigré et la pandémie de la COVID-19 au cours de l’exercice fiscal 2021, l’activité du pays devrait modérément s’accélérer en 2022. Elle sera limitée par la persistance des combats et une situation sanitaire fragile, qui continueront à peser sur la demande domestique. Les déplacements de population et la perturbation de l’activité agricole (75% de l’emploi total et 40% du PIB) dans le nord du pays se ressentira sur la contribution de la consommation des ménages (65% du PIB) en 2022. De plus, en limitant l’offre de produits alimentaires et contribuant à la dépréciation du birr, l’insécurité continuera d’alimenter une inflation élevée, qui érodera le pouvoir d’achat. Alors que la campagne de vaccination avance lentement (moins de 2 % de la population était pleinement vaccinée fin 2021), la consommation restera également exposée à de nouvelles restrictions qui contraindraient l’activité, particulièrement dans les zones urbaines. La contribution de l’investissement (plus d’un tiers du PIB en 2019), facteur clé de la vive croissance du pays avant la crise liée à la pandémie, devrait aussi rester atone après s’être contractée en 2021 les entreprises continuant de différer leurs décisions d’investissement en réaction au conflit. La menace des sanctions économiques et le ralentissement des négociations sur la restructuration de la dette s’ajouteront aussi aux facteurs décourageant les investisseurs privés. L’investissement public dans le cadre du programme décennal sera freiné par le rétrécissement de la marge budgétaire, tandis que la détérioration des relations avec les principaux créanciers internationaux pourrait également limiter les options de financement. Si les contraintes pesant sur la demande intérieure pèseront sur les importations, les exportations nettes ne devraient apporter qu’une faible contribution à la croissance, en raison de recettes touristiques encore bridées par la lente campagne de vaccination et le conflit. Malgré des prix qui devraient rester favorables, la croissance des exportations de café (plus de 30 % du total) pourrait être ralentie par de nouvelles invasions de criquets pèlerins et des conditions de sécheresse. 

 

Difficile accès au financement extérieur en raison du conflit

L’augmentation des dépenses liées au conflit, et le service de la dette (essentiellement due à la Chine pour la période 2020-2022) pèseront sur le solde des comptes publics en année fiscale 2021/22, accentuant le déficit budgétaire. Le financement du déficit devrait se faire essentiellement par le biais des sources domestiques (banques commerciales, banque centrale), le conflit affectant les relations avec les principaux créanciers extérieurs. La dette publique extérieure, devrait s’alourdir du fait de la dépréciation du birr Le risque élevé de surendettement a contraint le pays à solliciter une restructuration en janvier 2021 dans le Cadre commun G20/Club de Paris. Le pays a annoncé des réformes (libéralisation du taux de change et du marché des devises) dans le but de parvenir à un accord et réduire le poids du service de la dette (plus de 25% du total des exportations en 2020), mais le processus de restructuration tarde à être conclu.

  

Le compte courant restera déficitaire en 2022, dans le sillage du lourd déficit commercial. La dépréciation du birr contribuera à une hausse de la facture des importations qui ne sera pas compensée par celle des exportations. L’excédent du solde des transferts (des expatriés) courants, qui avaient rebondi en 2021, resteront insuffisants pour compenser le déficit commercial. Le compte courant est également grevé par les soldes négatifs des services et des revenus primaires. Le conflit interne et de l’instabilité politique pèseront les IDE. Celles-ci demeureront vraisemblablement faibles, et les prêts officiels seront nécessaires pour financer le déficit courant. Cependant, l’accès à ces prêts sera problématique. Les réserves de change, qui couvrent environ deux mois d’importations, restent faibles, entretenant les pénuries chroniques de devises, limitant la marge de manœuvre de la banque centrale pour ralentir la dépréciation du birr (plus de 20 % en 2021).

 

Les relations internationales fragilisées par le conflit du Tigré

Le pays est une mosaïque ethnique, s’accompagnant d’actes hostiles entre populations, et alimentant de fréquentes tensions entre pouvoir central et états fédérés. En 2018, Abiy Ahmed, issu du Parti démocratique Oromo (basé en Oromia), est devenu Premier ministre, rompant avec près de 30 ans de domination du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) au sein de la coalition de quatre partis qui a gouverné le pays entre 1991 et 2019, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (ERPDF). Abiy Ahmed s’est lancé dans l’ouverture d’une économie étatisée et a créé un nouveau parti (le Parti de la prospérité) en décembre 2019. Néanmoins, les dirigeants du TPLF ont refusé de rejoindre le nouveau parti, considérant les réformes comme une tentative de centraliser le pouvoir. La querelle avec le pouvoir central s’est intensifiée en septembre 2020, lorsque le Tigré a défié le gouvernement en organisant ses propres élections régionales. En novembre 2020, les combats entre les forces du Tigré et celles de l’Ethiopie (soutenue par l’Erythrée) ont débuté, se soldant par plusieurs milliers de victimes. En outre, il a eu pour conséquence l’amplification de la famine, des déplacements internes massifs et la détérioration des relations avec ses principaux donateurs. Une partie des aides multilatérales a provisoirement été suspendue. L’administration américaine a aussi retiré au pays l’accès aux avantages de l’accord commercial AGOA. La relation privilégiée avec la Chine, qui détient d’importants intérêts dans le pays, pourrait aussi se détériorer.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

Haut de page
  • English
  • Français
  • Deutsch