Etudes économiques
Cameroun

Cameroun

Population 26,5 millions
PIB par habitant 1 505 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 3,9 0,7 3,4 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,5 2,4 2,3 2,5
Solde public / PIB (%) -3,3 -3,6 -3,0 -2,1
Solde courant / PIB (%) -4,3 -5,5 -3,7 -3,9
Dette publique / PIB (%) 42,3 45,8 46,0 45,1

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources relativement diversifiées, notamment la sylviculture, l'agriculture (par exemple, le cacao et les bananes), le pétrole et l'exploitation minière (par exemple, l'aluminium).
  • Potentiel hydroélectrique
  • Économie diversifiée, comparée à celle d'autres pays exportateurs de pétrole
  • Des efforts pour améliorer les infrastructures sont en cours
  • Membre de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) et de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), ce qui implique que le franc CFA est rattaché à l'euro, bien que les réserves communes de la Banque des États de l'Afrique centrale soient limitées

POINTS FAIBLES

  • Comptes extérieurs et publics dépendants des cours des matières premières
  • Faibles recettes publiques : 13 % du PIB en 2020
  • Système bancaire faible mais de petite taille
  • Croissance non inclusive (la pauvreté extrême touche 24,6 % de la population en 2018, dernières données disponibles), l'environnement des affaires reste difficile avec une mauvaise gouvernance (corruption, etc.)
  • Infrastructures inadaptées, en particulier dans le domaine électrique
  • Dette liée à la raffinerie SONARA, qui a été touchée par un incendie et n’est plus en mesure de produire de produits raffinés qui doivent être importés pour le moment
  • Risque politique accru : insécurité dans l'extrême nord du pays et tensions dans les régions anglophones du nord-ouest et du sud-ouest
  • Succession du président Biya (89 ans, en poste depuis 1982)

Appréciation du risque

Une reprise difficile 

En 2022, le Cameroun est toujours en pleine pandémie de COVID-19, en raison d'une faible gestion de la pandémie et d'une faible acceptation de la vaccination dans la population. La pandémie devrait donc avoir un effet restrictif sur la consommation privée (66 % du PIB), qui devrait rester inférieure à la croissance tendancielle connue ces dernières années, ainsi que sur les investissements (22 % du PIB) en 2022, car des mesures plus restrictives pourraient être prises. Avec une nouvelle progression de la vaccination en 2022, cet effet devrait s'atténuer en fin d'année. Les problèmes de sécurité et les flambées de violence devraient également freiner certains investissements. Cependant, certains facteurs devraient également favoriser la croissance en 2022, notamment la Coupe d'Afrique des Nations, qui  devrait stimuler la consommation privée. Le niveau relativement faible de l'inflation et la stabilité de la monnaie contribuent à maintenir l’équilibre du pouvoir d'achat. L'activité économique est également poussée par la poursuite des travaux de construction, par exemple du barrage de Nachtigal et du port en eau profonde de Kribi ainsi que d'une ligne de transport d'électricité entre le Cameroun et le Tchad. Les secteurs de l'industrie et de l'agriculture (15 % du PIB, 62 % de l'emploi) bénéficieront également d'un meilleur approvisionnement en électricité grâce à la ligne de transport d’électricité Lom Pangar-Bertoua, qui reliera la centrale électrique du barrage de Lom Pangar à 150 villages à partir de début 2022. Les exportations (19 % du PIB) devraient bénéficier de la hausse de la demande de produits de base (par exemple, l'agriculture) et d'une production de gaz en hausse, tandis que les exportations de pétrole devraient diminuer en raison d'une baisse de la production due au sous-investissement dans le secteur. Toutefois, des conditions météorologiques extrêmes et la détérioration de la sécurité pourraient freiner l'augmentation des exportations agricoles. Les importations devraient augmenter dans le sillage d’une progression lente de la consommation, mais moins que les exportations, des facteurs qui, combinés, contribueront à la croissance économique.

 

L'assainissement des comptes publics devrait reprendre

Bien que la pandémie se poursuive, le gouvernement reste sur la voie de la frugalité budgétaire. C'est sur cette base qu'a été conclu un nouvel accord de financement triennal dans le cadre de la facilité élargie de crédit du FMI, approuvée en août 2021, avec une enveloppe de 689,5 millions USD. Le premier décaissement (177 millions USD) a déjà été versé en 2021. En outre, la Banque mondiale a approuvé une enveloppe de 740 millions USD dédiée aux projets agricoles et à l'éducation des jeunes filles. Parallèlement, les recettes devraient augmenter car le gouvernement a proposé de supprimer plusieurs exonérations fiscales importantes et grâce à une meilleure collaboration entre les agents des douanes et des impôts afin de maximiser les recettes. En outre, l'augmentation de la production de gaz devrait accroître les recettes grâce aux droits de douane. Des dépenses pratiquement stables devraient contribuer à la réduction du déficit public et alléger lentement la dette publique (intérieure : 15 % du PIB, extérieure 30 % du PIB). Les principaux créanciers extérieurs sont les multilatéraux et la Chine. Le déficit commercial habituel devrait légèrement reculer en 2022 sous l’impulsion de la hausse des recettes d'exportation, tandis que les importations ralentiront avec l'achèvement prochain des infrastructures. Le soutien budgétaire officiel et les prêts concessionnels (souvent liés à des projets), ainsi que les investissements directs étrangers dans le cadre des projets d'infrastructure, financeront ce déficit et les légers déficits des services et des revenus.

 

La violence permanente constitue un obstacle à la reprise économique

Plusieurs flambées de violence ont un impact négatif sur les perspectives économiques. Dans la région du nord du Sahel, frontalière du Nigeria et du Tchad, des attaques djihadistes ont régulièrement lieu (neuf entre mai et octobre 2021, une quarantaine de morts), menées par des groupes tels que Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l'Ouest. Cette situation pourrait encore s'aggraver en 2022, la France ayant décidé de mettre fin à son opération antiterroriste au premier trimestre 2022 dans cette région. En outre, le conflit entre les autorités centrales francophones et les régions anglophones du sud-ouest et du nord-ouest va se poursuivre. La communauté anglophone se bat pour un État indépendant, l'Ambazonie, depuis 2017. En outre, la pression exercée sur les ressources naturelles provoque des conflits, y compris des violences entre les différentes communautés, comme à l'été 2021, lorsque des combats ont éclaté autour de ressources en eau de plus en plus rares entre les pêcheurs de Lousgoum et les éleveurs arabes de Choua et ont eu pour conséquences la mort de plusieurs dizaines de personnes, l'incendie de 40 villages et le départ de milliers de personnes. Le président Paul Biya, âgé de 89 ans (en février 2022), occupe son poste depuis 40 ans et dirige le gouvernement central. Son âge pourrait entraîner une dégradation rapide de son état de santé. À l'heure actuelle, aucun successeur crédible ne s'est positionné, de sorte qu'il existe un vrai risque que cela crée un vide politique. Le parti de Biya, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, a remporté 139 des 167 sièges aux élections législatives de mars 2020. Cependant, du fait du niveau élevé de fraude et de corruption, la frustration politique au Cameroun est forte.

 

Dernière mise à jour : Février 2022
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