Etudes économiques
Cambodge

Cambodge

Population 15,7 millions
PIB par habitant 1 607 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 7.1 -3.1 2,2 5.7
Inflation (moyenne annuelle, %) 2.0 3.0 2.5 3.2
Solde public / PIB (%) 3.0 -3.4 -3.8 -3.7
Solde courant / PIB (%) 15.0 -12.1 -21.3 -16.1
Dette publique / PIB (%) 28.6 34.2 37.0 38.5

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Industrie textile dynamique
  • Secteur touristique dynamique (en temps normal) et à fort potentiel
  • Réserves d'hydrocarbures offshore (pétrole et gaz)
  • Soutien financier provenant de bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux
  • Économie intégrée au niveau régional (ASEAN)
  • Population jeune (50% de la population a moins de 22 ans)

POINTS FAIBLES

  • La part élevée de l'agriculture dans l'emploi et le PIB rend l'économie vulnérable aux conditions climatiques.
  • Réseaux d'électricité et de transport sous-développés
  • Manque de main-d'œuvre qualifiée
  • Dépendance à l'égard des financements concessionnels en raison de la faiblesse des ressources fiscales (poids très important de l’économie informelle)
  • Importantes lacunes en matière de gouvernance, niveaux élevés de corruption
  • Le taux de pauvreté reste élevé, les dépenses de santé et d'éducation sont faibles

Appréciation du risque

La croissance va s'accélérer grâce à un taux de vaccination élevé

Malgré l'augmentation de la demande extérieure, l'économie a connu une reprise modeste en 2021 en raison d'une épidémie prolongée de COVID-19 qui a ralenti la reprise de la demande intérieure. Toutefois, la croissance économique devrait s'accélérer en 2022, car le pays devrait avoir terminé sa campagne de vaccination (81% de la population était entièrement vaccinée en décembre 2021) et les autorités ont une stratégie « vivre avec la COVID ». Le Cambodge est très dépendant des exportations de biens et services (60% du PIB en 2019), en particulier des vêtements, des articles de voyage et des chaussures (75% des exportations au total). Ces composants ont été frappés par des confinements, tant au niveau national qu'à l'étranger, et  par des fermetures temporaires d'usines qui ont été imposées pour enrayer la pandémie en 2021. Toutefois, grâce à une campagne de vaccination rapide et à une demande extérieure robuste de la part des principaux partenaires commerciaux (États-Unis, Union européenne et Japon), les exportations devraient rebondir et se rapprocher des niveaux antérieurs à la pandémie en 2022. L'agriculture (20 % du PIB) a bien résisté aux foyers de COVID-19 en 2021 et devrait continuer de soutenir les exportations. L'accord de libre-échange entre le Cambodge et la Chine, ratifié en septembre 2021, devrait stimuler le commerce et les investissements dans ce secteur, puisque la Chine accordera un statut de franchise de droits de douane pour 95 % des importations agricoles en provenance du Cambodge. Le tourisme (18,7% du PIB en 2019) devrait se redresser progressivement car le Cambodge a rouvert ses frontières aux touristes entièrement vaccinés en novembre 2021. Toutefois, il ne devrait pas atteindre les niveaux d'avant la pandémie, car la Chine, l'une des principales sources (36 % du total des touristes entrants), applique une stratégie «  Zéro COVID»  et ses frontières devraient rester fermées en 2022. Les investissements devraient se remettre lentement de la pandémie. Les projets de construction, qui représentent un tiers du PIB, sont portés à la fois par les IDE et le budget national, mais les prix élevés du fer et de l'acier pourraient retarder les importations de ces produits et donc les projets, car les entrepreneurs vont tenter de maintenir leurs marges. La demande intérieure, principalement la consommation des ménages (70 % du PIB), devrait se redresser parallèlement à la reprise économique. Les envois de fonds des travailleurs expatriés (5,6 % du PIB en 2019) devraient augmenter pour atteindre les niveaux d'avant-COVID et soutenir cette reprise. 

 

Le déficit courant devrait rester élevé 

Le déficit public devrait rester important, avec une augmentation des dépenses de 8,4%, partiellement financée par une hausse des recettes fiscales, car la reprise devrait s'accélérer. Par ailleurs, les droits de tirage spéciaux (DTS) alloués par le FMI en août 2021 (8% du PIB), après leur conversion en devises étrangères, permettront au pays de contracter davantage d'emprunts auprès de la Chine, du Japon, de la France, de la Thaïlande et des banques de développement. A ce stade, le Cambodge dépend déjà fortement de la Chine et du Japon, qui détiennent respectivement 44 % et 9 % de sa dette totale. Malgré l'augmentation de l'aide multilatérale et bilatérale, la dette devrait augmenter pour financer le déficit.

 

L'endettement du secteur privé (114 % du PIB), en particulier celui des ménages, devrait rester élevé, notamment chez les personnes à faible revenu qui ont recours à la microfinance et aux prêteurs informels. De plus, à la suite de la crise, la hausse du chômage, l'augmentation du taux de pauvreté et la baisse de l'activité dans la construction et l'immobilier, qui concentrent le crédit, ont affecté la stabilité du secteur financier. Cette situation pourrait entraîner des défauts de paiement, ainsi qu'une baisse des dépôts, qui sont principalement en dollars.

 

Le déficit des comptes courants devrait se réduire mais rester élevé. La reprise des exportations est compensée par la hausse des prix des matières premières au niveau des importations. Cela dit, l'augmentation des transferts de fonds et des IDE, largement épargnés, l'aide financière extérieure (la BAD a accordé un prêt de 40 millions USD en 2021 par exemple) et le financement de projets devraient couvrir le déficit. Les réserves de change restent suffisantes, s'élevant à 6,1 mois d'importations (en mars 2021).

 

La pression exercée par l'Occident rapproche le Cambodge et la Chine

Le Premier ministre Hun Sen, ancien commandant militaire des Khmers rouges, dirige le pays depuis 35 ans. Son Parti du peuple cambodgien (CPP), un parti conservateur de droite, dispose de tous les sièges requis à l'Assemblée nationale. Le gouvernement est confronté à des protestations croissantes contre la corruption et à l'arrestation d'opposants. La corruption reste élevée et ne s’est pas réduite ces dernières années. Le mécontentement de la population a été exacerbé par l'application sévère des mesures anti-COVID et le déclin de l'activité économique, qui a entraîné une augmentation du chômage et de la pauvreté. En réponse, le gouvernement a intensifié sa répression. Cela pourrait avoir un impact sérieux sur la stabilité sociale et politique du pays.

 

Les relations avec les pays occidentaux, l'UE et les États-Unis, se sont détériorées depuis les élections nationales de 2018, lorsque la répression de l'opposition et des médias locaux a suscité des critiques internationales. Un an après que l'UE ait imposé des sanctions commerciales au Cambodge, en raison des violations des droits humains - à cause desquelles le Cambodge a perdu un accès préférentiel au marché européen - le Cambodge a renforcé ses liens avec la Chine et compte sur les échanges avec la Chine pour soutenir l'économie. Sur le plan des investissements, le Cambodge s'appuie déjà massivement sur la Chine, qui représente 90 % des investissements directs étrangers au Cambodge.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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