Etudes économiques
Arménie

Arménie

Population 3,0 millions
PIB par habitant 4 701 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2020 2021 2022 (e) 2023 (p)
Croissance PIB (%) -7,4 5,7 12,6 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,2 6,8 8,6 6,0
Solde public / PIB (%) -3,5 -4,2 -2,4 -3,4
Solde courant / PIB (%) -3,9 -3,0 -0,8 -2,0
Dette publique / PIB (%) 62,8 63,0 46,7 49,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources minières significatives (or, cuivre, molybdène, zinc)
  • Confortables réserves de change et relative flexibilité du taux de change du dram
  • Membre de l’Union économique eurasiatique (UEEA) et accord de partenariat avec l’Union européenne (UE)
  • Volonté réformatrice en termes de corruption, de justice et de concurrence

POINTS FAIBLES

  • Dépendance aux minerais (40% des exportations et 8% du PIB), malgré un effort de diversification
  • Forte dépendance à l’égard de la Russie (sécurité, commerce, transferts des expatriés et IDE)
  • Système bancaire très dollarisé, dette publique majoritairement libellée en devises étrangères
  • Niveaux de pauvreté et de chômage élevés (27% et 16% de la population)
  • Conflit armé avec l’Azerbaïdjan autour de l’enclave du Haut-Karabakh, avec des affrontements ponctuels

APPRECIATION DU RISQUE

Un retour à un rythme modéré après une croissance exceptionnelle en 2022

En 2022, l’économie a connu une croissance exceptionnelle, inégalée depuis 15 ans. Cette croissance est en grande partie expliquée par l’arrivée massive de russes et de leurs capitaux, qui a entraîné une augmentation de la demande de consommation des ménages, mais aussi une montée de l’activité de certains secteurs, notamment les technologies de l’information et de la communication, ainsi que la construction. En 2023, la croissance sera moindre, mais toujours dynamique, avec la stabilisation du flot exceptionnel de russes. La consommation des ménages, principal poste du PIB (69% du PIB) restera contrainte par l’inflation, même si l’appréciation du dram en 2022 aidera à la contenir. La situation économique dégradée de la Fédération de Russie risque d’engendrer moins de remises des expatriés, ce qui pèsera sur la consommation (en 2022, 70% des remises provenaient de Russie, et la totalité des remises représentait plus de 18% du PIB). La formation brute de capital fixe (17,5% du PIB en 2022) contribuera encore positivement à la croissance ; l’objectif du gouvernement est de porter la part de l’investissement dans le PIB à 25% d’ici 2026, et de celle des investissements directs étrangers à 6% (2,6% en 2021). Les importations nettes contribueront toujours négativement à la croissance, mais l’ampleur dépendra du commerce de l’Arménie avec la Russie (premier partenaire commercial du pays en 2022). Le taux directeur de la banque centrale est actuellement fixé à 10.75% et celle-ci ne compte pas le diminuer dans les prochains mois, l’inflation étant supérieure à sa cible de 4%. En mars 2023, les réserves de change représentaient 5 mois d’importations, essentiellement sous forme de devises.

 

Un solde courant dépendant des remises des expatriés, et une volonté de réduire le déficit budgétaire

En 2022, le compte courant a presque dégagé un surplus. La balance commerciale, bien que toujours déficitaire, notamment du fait des importations d’hydrocarbures, a bénéficié d’une augmentation des exportations de plus de 50%, dont une partie peut être attribuée à la réexportation de produits vers la Russie. La balance des services, structurellement positive, a connu une croissance de plus de 400%, grâce à l’essor de plusieurs de ses principales composantes de près de 50% (finance et assurance, information et communication et transport). Les transferts des expatriés ont également connu une croissance record, en grande majorité provenant de Russie, supportant la balance secondaire, tout comme les capitaux directement apportés par les immigrants russes. En 2023, le compte courant se dégradera, avec le ralentissement de la demande externe, et des transferts moins dynamiques provenant de Russie. Le budget officiel de 2023 prévoit un creusement du déficit public du PIB, avec une augmentation de 35% des dépenses dans le secteur de la défense. La part de la dette publique dans le PIB a diminué en 2022, bénéficiant en partie de l’appréciation du dram. Le gouvernement souhaite augmenter la part de la dette exprimée en dram, afin d’atténuer la sensibilité de celle-ci aux fluctuations de change (en 2022, 62% de la dette publique était libellée en devise ; elle passerait à 58% en 2023).

 

Le conflit avec l’Azerbaïdjan pèse sur la scène politique

Le 27 septembre 2020 a marqué la résurgence du conflit armé opposant l’Arménie et l’Azerbaïdjan depuis 30 ans autour du Haut-Karabakh. Cet affrontement a été le plus meurtrier depuis la guerre ayant pris fin en 1994, ayant conduit à la proclamation de l’indépendance de cette enclave qui, reconnue internationalement comme territoire azerbaïdjanais, était, à la fin de de la guerre, peuplée exclusivement d’Arméniens et sous contrôle de forces soutenues par l’Arménie. Après plusieurs tentatives infructueuses, un cessez-le-feu a été signé le 9 novembre 2020 sous l’égide de la Russie, entraînant la fin des hostilités et redonnant à l’Azerbaïdjan le contrôle de la majorité des territoires adjacents au Haut-Karabakh et une fraction de ce dernier. Les tensions ont néanmoins été ravivées depuis mai 2021, par les allégations arméniennes selon lesquelles l'armée azerbaïdjanaise franchirait la frontière, en violation de cet accord. Des affrontements, faisant des victimes dans les deux camps, ont été signalés à plusieurs reprises au cours des années 2021 et 2022. Depuis décembre 2022, des Azerbaïdjanais bloquent le Corridor de Latchine, seule route reliant le Haut-Karabagh à l’Arménie, provoquant des difficultés d’approvisionnement pour les habitants de l’enclave. En avril 2023, l’Azerbaïdjan y a installé un point de contrôle. Plusieurs pays partenaires jouent les médiateurs. Tandis que le conflit en Ukraine affaiblit la position russe et sa capacité à défendre les intérêts de l’Arménie (notamment via les troupes stationnées à la frontière entre les deux Etats depuis le début du conflit), les Etats-Unis et l’Union Européenne ont accentué leur présence dans les négociations. Dans ce contexte, en février 2023, l’UE a envoyé des civils en qualité d’observateurs, afin d’assurer la stabilité à la frontière de l’Arménie. Toutefois, l’Arménie reste dépendante de la Russie, comme le montre son hésitation à ratifier le Statut de Rome signé en 1999. En effet, bien que la Cour constitutionnelle arménienne a ouvert la voie à la ratification parlementaire du traité fin mars 2023, ce qui qui ferait de l’Arménie un Etat-membre de la Cour Pénale Internationale (CPI) et lui permettrait d’introduire des plaintes contre l’Azerbaïdjan. le gouvernement, qui dispose d’un délai de trois mois de réflexion, n’a toujours pas pris de décision concernant la ratification,. La ratification obligerait l’Arménie à arrêter le président russe dès son arrivée sur son territoire en vertu d’un mandat d’arrêt à son encontre déposé par la CPI fin mars. Or, malgré des relations dégradées ces derniers mois (notamment à cause de l’inaction russe concernant le conflit au Haut-Karabagh), le président de l’Assemblée nationale arménienne, Alen Simonyan, a indiqué début avril que le pays « n’est pas pressé » de ratifier le traité.

Sur le plan domestique, le cessez-le-feu défavorable de 2020 a donné lieu à des manifestations organisées par l’opposition réclamant la démission du premier ministre Nikol Pashinian, au pouvoir depuis la révolution de Velours de 2018. Après avoir démissionné en avril 2021, celui-ci a déclenché des élections législatives anticipées le 20 juin. Lui et son parti « Contrat civil », bénéficiant du soutien de son ancienne coalition l’Alliance « Mon pas », ont confortablement remporté l’élection avec 71 sièges sur 107 et repris les rênes du gouvernement. L’opposition principale, réunie au sein de l’Alliance arménienne dirigée par l’ex-président Robert Kotcharian, obtint 29 sièges. Le nombre élevé de sièges obtenus par le parti de Pashinian peut s’expliquer par la critique de la gestion du conflit de Kotcharian dans le passé. Sans surprise, le 3 mars 2022, l’Assemblée a élu à la présidence de la république Vahagn Khatchatourian, candidat du parti gouvernemental. De nouvelles protestations de l’opposition ont éclaté en avril de la même année, durant plus de deux mois, en vain. Pashinian a énoncé en avril 2023 que l’adoption des Principes de Madrid (propositions pour un accord de paix entre les deux pays) implique, pour l’Arménie, la reconnaissance du Haut-Karabagh comme territoire de l’Azerbaïdjan, une déclaration vivement critiquée par le parlement de l’enclave.

 

Dernière mise à jour : Septembre 2023

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