Dominicaine (République)

Amérique du Sud

PIB / Habitant ($)
11372,0 $
Population (en 2021)
10,7 Millions

Evaluation

Risque Pays
B
Climat des affaires
B
Précédemment
B
Précédemment
B

suggestions

Résumé

Points forts

  • Principale destination touristique des Caraïbes
  • Envois de fonds de sa diaspora (9,2 % du PIB en 2025)
  • Solide réseau d’infrastructures liées au tourisme (ports, aéroports, hôtels)
  • Accord de libre-échange avec les États-Unis (CAFTA-DR) et accord de partenariat économique avec l'UE
  • Diversification des zones franches depuis le textile vers des segments à plus forte valeur ajoutée (électronique, équipement médical)
  • Stabilité institutionnelle et popularité du président
  • Progrès en matière de lutte contre la corruption

Points faibles

  • Dépendance à l'égard de la conjoncture économique et politique américaine
  • Dépendance aux importations d’hydrocarbures et de produits alimentaires
  • Secteur de l’électricité défectueux, sous-tarifé et fortement subventionné, largement dépendant des énergies fossiles importées (82% de la production en 2024)
  • Activité manufacturière limitée et concentrée dans les zones franches peu connectées à l’économie domestique, manque de main d’œuvre qualifiée
  • Proximité et relations tendues avec Haïti liées à l'insécurité et au flux migratoire
  • Charge élevée d’intérêts (21,9 % des recettes fiscales en 2025)
  • Recettes fiscales faibles (16 % du PIB en 2025)
  • Persistance de la pauvreté (17,3 % en 2025) et fortes inégalités (coefficient GINI de 0,38 en 2025)
  • Criminalité liée au trafic de drogue
  • Exposition aux catastrophe naturelles (ouragans, épisodes de sécheresse)

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

États-Unis d'Amérique
37%
Europe
5%
Haïti
4%
Suisse
4%
Inde
3%

Import des biens en % du total

États-Unis d'Amérique 35 %
35%
Chine 18 %
18%
Europe 15 %
15%
Mexique 5 %
5%
Brésil 5 %
5%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

La reprise amorcée en 2026, appelée à s’affermir en 2027

Après son ralentissement en 2025, lié à l’environnement international moins porteur, au repli du secteur de la construction et aux effets de l’ouragan Mélissa, la croissance a rebondi en 2026.

En 2027, l’activité continuera de progresser. Elle demeurera principalement tirée par la consommation privée (68 % du PIB). Après avoir accueilli 11,7 millions de visiteurs en 2025 (+ 4,3 % en glissement annuel), le pays en a reçu 6,6 millions entre janvier et juin 2026 (+ 7,7 % sur un an). Le secteur (15 % du PIB) soutiendra la consommation, mais dans une moindre mesure qu’en 2026, l’économie américaine, principal marché émetteur (plus de la moitié des arrivées), ayant atteint une vitesse de croisière. Les envois de fonds (9,2 % du PIB en 2025) alimenteront aussi la consommation des ménages. Après avoir progressé de 10,3 % en 2025, ils ont augmenté de 5,4 % en glissement annuel entre janvier et mai 2026, dans le contexte du durcissement migratoire américain et de l’instauration (janvier 2026) d’une taxe sur les transferts. 1,3 millions de Dominicains résident aux États-Unis (85 % du total des remises), la majorité (83 %) étant en situation régulière. Dans le même temps, depuis les deux baisses de son taux directeur en septembre et octobre 2025, la Banque Centrale de République Dominicaine (BCRD) a maintenu son taux à 5,25 %, considérant que les pressions inflationnistes liées au conflit au Moyen-Orient sont temporaires. L'inflation, même contenue par les subventions publiques, pourrait rester proche de la borne supérieure de la cible (4 % ± 1pp) jusqu'en 2027, notamment en raison de la forte probabilité d’un fort épisode de El Niño à partir du second semestre 2026 et de ses conséquences sur l’agriculture. Surtout, l’investissement dans le tourisme, les infrastructures et l’énergie poursuivra sa reprise, soutenu par la progression du crédit au secteur privé. En particulier, la construction demeurera dynamique, après son ralentissement de 2025, lié au renforcement des contrôles migratoires dans le contexte de la crise haïtienne, ainsi qu’à des contraintes d’exécution budgétaire. Les zones franches continueront d’attirer les investisseurs américains et espagnols, grâce à leurs avantages fiscaux, leurs infrastructures et des coûts de main-d’œuvre compétitifs.

Enfin, la dépendance de l’économie dominicaine aux États-Unis, premier débouché de ses exportations de biens (53,5 % du total en 2025), l’exposera aux évolutions de la politique commerciale de Washington. Malgré le cadre préférentiel de l’accord CAFTA-DR, les exportations dominicaines sont soumises à un droit de douane de 10%. Une enquête américaine en cours pourtant sur des pratiques de travail forcé, pourrait mener à des droits de douane additionnels de 12,5 %. Si les exportations de textiles et vêtements sont exemptées (4,2 % du total en 2025, dont 81 % à destination des États-Unis), plusieurs produits issus des zones franches (dispositifs médicaux, bijoux, cigares) sont exposés. Cela pourrait réduire la compétitivité de ces filières, dont 72,2 % de la production est destinée au marché américain.

Le fardeau électrique fragilise la trajectoire de la consolidation budgétaire

Présenté en octobre 2025, le budget 2026 s’inscrit dans la trajectoire de consolidation progressive, encadrée par la Loi de responsabilité budgétaire adoptée en juillet 2024. Elle introduit un plafond de croissance des dépenses réelles de 3 % et vise un ancrage de la dette publique à 40 % du PIB d’ici 2035. Le budget prévoit une hausse modérée des dépenses d'investissement (2,5 % du PIB), le maintien de projets d’infrastructures structurants (monorail de Santiago, extension du métro de Saint-Domingue) et une priorité aux dépenses sociales (46 % des dépenses). Initialement fondé sur un scénario de prix du pétrole à 65 USD/baril et une réduction progressive des subventions énergétiques, le budget a été réajusté face à la hausse des prix de l’énergie, liée au conflit au Moyen-Orient. Depuis mars 2026, les autorités ont renforcé les dispositifs de soutien, combinant renforcement des subventions aux distributeurs d’électricité et sur les carburants, gel du prix des engrais, et mesures ciblées sur les ménages vulnérables. Le subventionnement des carburants (environ 0,3 milliard USD déjà engagés début juin) pourrait atteindre 0,8-0,9 milliard USD sur l'année, mais reste inférieur à celui du secteur électrique, structurellement très déficitaire du fait d'un recouvrement insuffisant et de la sous-tarification. Les transferts inscrits au budget 2026, destinés à couvrir le déficit des électriciens et à limiter la hausse des tarifs pour les ménages et les entreprises, s'élèvent à 1,5 milliard USD (1,3 % du PIB). À la mi-juin, 63 % de cette enveloppe était consommée, ce qui pourrait porter la facture à près de 2 milliards USD sur l'année. Le gouvernement Abinader cherchera à réduire les pertes, notamment en encourageant la participation du secteur privé. Ainsi, le déficit budgétaire se maintiendra en 2026, la hausse des subventions empêchant d’atteindre la cible initiale de 3,2 % du PIB. Parallèlement, une réforme fiscale a été promulguée en juin 2026, afin de compenser le coût budgétaire du choc énergétique. Elle associe des mesures permanentes — hausse de la fiscalité sur les transactions financières, les jeux d’argent et les cigarettes électroniques, création d’une taxe sur les billets d’avion et d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu pour les hauts revenus — à un relèvement temporaire, de 27 % à 30 % pendant trois ans, de l’impôt sur les sociétés applicable aux grandes entreprises. Elle prévoit aussi un renforcement du respect des obligations fiscales. La TVA et le seuil d’exonération de l’impôt sur le revenu restent inchangés afin de limiter l’impact sur les classes moyennes.

Le ratio de dette publique devrait renouer avec sa trajectoire descendante à partir de 2027, soutenue par l’augmentation des excédents primaires résultant de la règle budgétaire. La part extérieure représente 75 % de l’encours total, et est détenue à 78 % par des créanciers privés obligataires.

En ce qui concerne les comptes extérieurs, le déficit courant s’est réduit en 2025, soutenu par des arrivées touristiques record, la progression des exportations (+ 6,4 % en glissement annuel) et la hausse des transferts de fonds. Cependant, ce déficit s’est creusé en 2026, et devrait se stabiliser en 2027. Importateur net d’énergie, le pays est pénalisé par le renchérissement des prix du pétrole, tandis que la reprise de l’activité soutient la demande d’importations. De plus, un possible durcissement de la politique commerciale américaine et la fermeture de la frontière avec Haïti, troisième débouché des exportations (8,2 % du total en 2025), continueront de peser sur les perspectives commerciales. Cela sera partiellement compensé par la résilience des transferts de fonds et la solidité des recettes touristiques. De plus, le secteur minier restera un moteur important, avec la forte hausse des exportations d’or début 2026 (1,05 milliards USD entre janvier et avril, +113 % en g.a.), portée par la hausse des cours et l’augmentation des volumes extraits. Le déficit courant restera largement financé par les IDE, qui ont atteint 5,3 milliards USD en 2025 (4,2 % du PIB), principalement dans le tourisme (26,3 %) et l’énergie (23,8 %). Enfin, les réserves de change s’élevaient à 16,1 milliards USD à fin mars 2026 (soit environ 5,3 mois d’importations), un niveau confortable, en hausse par rapport à octobre 2025 (14,7 milliards USD).

Les relations avec Washington et Haïti sont centrales

Réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle de mai 2024 avec plus de 57 % des voix, Luis Abinader a consolidé son pouvoir en obtenant, avec son Parti révolutionnaire moderne (centre-droit), une majorité qualifiée dans les deux chambres du Congrès (29 sièges sur 32 au Sénat et 147 sur 190 à la Chambre basse). Il ne pourra pas se représenter à la prochaine élection, qui aura lieu en mai 2028. Fort de ses majorités, le gouvernement a fait adopter des réformes, dont la loi de responsabilité budgétaire et une réforme constitutionnelle. Elle limite les présidents à deux mandats, augmente l’indépendance des procureurs et réduit le nombre de députés. Un projet de réforme visant à moderniser le code du travail, datant de 1992, a été présenté au Congrès en octobre 2024. Il améliore les conditions de travail et renforce la protection des travailleurs nationaux, mais laisse inchangé le régime des indemnités de licenciement obligatoires, jugé rigide et coûteux pour les entreprises. Faute d’adoption avant la fin de la session, en juillet 2026, les autorités devront relancer l’ensemble du processus parlementaire. Par ailleurs, l’administration Abinader a dû retirer en octobre 2024 une première réforme fiscale qui devait générer 1,5 % du PIB de recettes supplémentaires. Déjà édulcorée, elle s'est heurtée à une opposition de l’opinion publique et des organisations civiles. Toutefois, dans le contexte du choc énergétique, le gouvernement a fait adopter rapidement une réforme plus ciblée, promulguée en juin 2026. Enfin, la criminalité liée au narcotrafic, les infrastructures électriques déficientes, ainsi que les enjeux de gouvernance et de corruption constituent des défis structurels persistants.

La crise haïtienne restera le principal souci extérieur. Le gouvernement maintiendra sa ligne de fermeté migratoire, combinant durcissement des contrôles, expulsions massives (379 553 ressortissants haïtiens expulsés en 2025, + 37 % par rapport à 2024) et sécurisation de la frontière. Cette stratégie, largement soutenue par la population, contribue à la popularité du président. Si la reprise des vols commerciaux, en mai 2026, marque un début d’apaisement, les perspectives de normalisation restent limitées par l’instabilité persistante en Haïti. La République dominicaine soutient également les initiatives internationales, notamment le déploiement d’une force onusienne contre les gangs.

Enfin, les relations avec Washington resteront déterminantes. L’administration Abinader privilégie la coopération en matière sécuritaire et migratoire, illustrée par l’accès accordé aux États-Unis à certaines installations aériennes pour leurs opérations régionales de lutte contre le narcotrafic. En mai 2026, un accord a également été signé pour encadrer le transfert temporaire vers la République dominicaine d’un nombre limité de ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis. Enfin, la République Dominicaine bénéficie d’un soutien américain dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures, illustré par le projet de câble électrique sous-marin vers Porto Rico, dont la construction devrait débuter en 2027.

Dernière mise à jour : juin 2026