Les retards de paiement et les impayés sont une source majeure de stress pour les entreprises. Et ce n’est pas un hasard : ils sont à l’origine d’environ un quart des faillites.
Les retards de paiement fragilisent les PME
La discipline de paiement des entreprises suisses se détériore et les chiffres le confirment. Selon une récente étude, 20,5 % des factures B2B ont été réglées en retard au 1er trimestre 2025, contre 18,5 % un an plus tôt. Par ailleurs, 80 % des entreprises interrogées dans le Coface Economic Observatory 2025 déclarent avoir subi des retards de paiement au cours des douze derniers mois.
Dans le même temps, le nombre de faillites a progressé de 20 % sur les trois premiers trimestres de 2025 par rapport à l’année précédente. Cette hausse s’explique toutefois en partie par le durcissement de la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite, entré en vigueur le 1er janvier 2025.
La Suisse n’est pas un cas isolé. Des tendances similaires sont observées ailleurs en Europe : 81 % des entreprises en Allemagne sont concernées par des retards de paiement, 86 % en France et jusqu’à 90 % au Royaume-Uni, selon le Coface Payment Survey 2025.
Conclusion : agir rapidement en matière de recouvrement est essentiel pour préserver sa trésorerie, que ce soit sur le marché domestique ou à l’international. Dans bien des cas, cela permet aussi d’éviter des procédures judiciaires longues et coûteuses.
Comment se déroule une procédure de recouvrement en Suisse ?
En Suisse, les procédures de poursuite sont organisées de manière décentralisée. Chaque canton dispose de son office des poursuites et faillites, chargé de traiter les créances, d’exécuter les décisions judiciaires et de tenir les registres. Depuis 2011, une procédure civile unifiée s’applique toutefois à l’ensemble du territoire.
Concrètement, le recouvrement se déroule en deux temps :
- une phase amiable (extrajudiciaire)
- une phase judiciaire
La phase amiable
Lorsqu’un débiteur ne respecte pas les délais de paiement, il est généralement conseillé d’envoyer une dernière relance par courrier recommandé. Cette démarche permet souvent d’éviter des frais supplémentaires et une procédure plus lourde.
Un intérêt de retard peut être appliqué au montant dû. Par défaut, il s’élève à 5 % conformément au Code des obligations (art. 104 CO), sauf disposition contractuelle prévoyant un taux supérieur.
Dans le meilleur des cas, le client règle sa facture à ce stade et le dossier est clos.
À noter : en Suisse, la relance n’est pas obligatoire. Un créancier peut engager directement une procédure de poursuite, même sans rappel préalable.
La procédure judiciaire de poursuite
Si la relance reste sans effet, la poursuite devient nécessaire. L’ouverture de la procédure suspend également le délai de prescription de la créance (généralement de cinq ou dix ans).
Les étapes clés :
- Le créancier introduit une poursuite auprès de l’office compétent.
- Un commandement de payer est notifié au débiteur.
- Celui-ci dispose de 10 jours pour faire opposition, sans avoir à se justifier. Cela suspend la procédure.
- Pour aller plus loin, le créancier doit alors saisir la justice afin de faire reconnaître sa créance.
Ce processus peut être long et complexe : selon les cantons, une procédure peut durer entre un et trois ans.
Avant toute action judiciaire, une tentative de conciliation ou de médiation devant un juge de paix est souvent obligatoire. Elle peut être évitée si les deux parties y renoncent ou si le montant en jeu dépasse 100 000 francs.
En revanche, si la dette est clairement établie par un document signé, le créancier peut demander une mainlevée provisoire de l’opposition. Il s’agit d’une procédure simplifiée permettant au juge de statuer rapidement sur la base des pièces fournies.
Qui paie les frais de recouvrement ?
Lorsque la créance est fondée, les frais de recouvrement sont à la charge du débiteur. En principe, seuls le montant de la créance et un intérêt de retard de 5 % peuvent être exigés. Des intérêts plus élevés ou des frais de rappel peuvent toutefois s’appliquer s’ils ont été prévus contractuellement.
Pour le créancier, les coûts restent limités tant que l’on reste dans la phase amiable. En revanche, dès qu’une procédure judiciaire est engagée, les frais peuvent rapidement augmenter, notamment en raison des honoraires d’avocat.
Faire appel à un spécialiste du recouvrement comme Coface permet souvent d’éviter d’en arriver là. En phase amiable, les prestations sont généralement rémunérées au succès.
Si une action judiciaire devient nécessaire, les frais engagés sont en revanche refacturés au client.
Dans tous les cas, l’intervention d’un professionnel augmente significativement les chances de recouvrement dès les premières démarches.
Le recouvrement à l’international : un défi supplémentaire
La situation se complique lorsque le créancier est basé à l’étranger.
Plusieurs obstacles peuvent se présenter :
- des procédures et systèmes juridiques très différents
- des pratiques commerciales et des codes culturels à prendre en compte
- des barrières linguistiques qui compliquent les échanges
Ces difficultés existent aussi bien en Europe que dans les pays émergents ou en développement.
Le recouvrement international exige une solide expertise locale ainsi qu’un réseau sur place. Il s’agit donc d’un exercice complexe, souvent difficile à gérer en interne, en particulier pour les PME.
À cela s’ajoute une incertitude importante sur les coûts et les délais, qui rend ces démarches encore plus délicates.
Faut-il faire appel à une société de recouvrement ?
Les factures impayées ne sont pas qu’un simple désagrément : elles peuvent rapidement fragiliser la trésorerie d’une entreprise, voire menacer sa pérennité.
Dans ce contexte, faire appel à un prestataire spécialisé est souvent une décision judicieuse.
Des acteurs comme Coface s’appuient sur des experts locaux, capables d’intervenir efficacement sur les principaux marchés.
Les bénéfices sont multiples :
- préserver la relation client grâce à l’intervention d’un tiers
- externaliser la gestion des créances
- accélérer les démarches grâce à une expertise terrain
C’est particulièrement crucial lorsque les montants en jeu sont élevés ou lorsque les débiteurs se trouvent sur des marchés aux pratiques très différentes de celles de la Suisse, comme la Chine ou l’Inde. Dans ces cas, seule une approche locale permet d’optimiser les chances de recouvrement.
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