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Exporter vers l’Inde : guide pratique pour les PME suisses

Le 1er octobre 2025 marque une étape clé dans les relations économiques entre la Suisse et l’Inde avec l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange TEPA. Pour les PME suisses, cela signifie un accès facilité à l’un des marchés les plus dynamiques au monde, fort de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Mais si les opportunités sont considérables, s’implanter en Inde reste un défi. Ce guide propose un tour d’horizon des points essentiels à connaître pour exporter avec succès de la Suisse vers l’Inde.

Des opportunités d’exportation dans une Inde en pleine expansion

En 2023, l’Inde est devenue le pays le plus peuplé au monde, dépassant officiellement la Chine. Avec plus de 1,4 milliard d’habitants et une économie désormais classée au cinquième rang mondial, le pays s’impose comme un acteur économique majeur. Sa dynamique reste solide : en 2024, la croissance indienne a atteint 6,5 %, soutenant une forte demande en biens de consommation, technologies, services de santé et projets de modernisation des infrastructures.

Dans ce contexte, les PME suisses disposent d’atouts réels. L’Inde figure déjà parmi les partenaires commerciaux clés de la Suisse. En 2024, les exportations suisses vers le marché indien ont atteint près de 20 milliards de francs, un volume supérieur à celui enregistré vers des pays comme la France ou le Royaume-Uni.

Les secteurs les plus porteurs incluent notamment :

  • les produits chimiques et pharmaceutiques,
  • les machines et instruments de précision (notamment la métrologie et la technologie médicale),
  • l’horlogerie et les biens de consommation haut de gamme,
  • les services IT, l’ingénierie ainsi que les solutions liées à l’énergie et aux infrastructures.

Les perspectives restent très favorables. Les produits et services suisses bénéficient en Inde d’une excellente image, associée à la qualité, à la fiabilité et à l’innovation. Pour les PME suisses, le message est clair : le marché indien est vaste, en forte croissance et réceptif aux solutions à forte valeur ajoutée.

L’accord de libre-échange TEPA facilite l’accès au marché indien

Après seize années de négociations, l’accord de partenariat commercial et économique (TEPA) entre l’Inde et les États de l’AELESuisse, Norvège, Islande et Liechtenstein — est entré en vigueur le 1er octobre 2025.

Cet accord marque une avancée majeure pour les entreprises suisses souhaitant exporter vers l’Inde. Il prévoit une réduction significative des barrières commerciales, notamment grâce à l’élimination immédiate ou progressive des droits de douane sur un large éventail de produits. Ces catégories représentent près de 95 % des exportations suisses vers l’Inde, hors or.

Parmi les secteurs concernés figurent notamment :

  • les produits pharmaceutiques et chimiques,
  • les machines et instruments de précision,
  • l’horlogerie.

Selon les estimations du Secrétariat d’État à l’économie (SECO), les économies potentielles liées à la baisse des droits de douane pourraient atteindre environ 167 millions de francs par an.

Il convient toutefois de nuancer ces perspectives. Pour certains produits, les périodes de transition peuvent aller jusqu’à dix ans avant une suppression complète des droits de douane. Par ailleurs, certains secteurs restent exclus de l’accord, notamment l’or, le charbon, les produits laitiers et certaines denrées agricoles.

En contrepartie, la Suisse et les autres États de l’AELE se sont engagés à investir conjointement 100 milliards de dollars américains en Inde sur une période de vingt ans.

Pour les PME suisses, TEPA représente un avantage concurrentiel déterminant. Il s’agit en effet du tout premier accord de libre-échange conclu par l’Inde avec des pays européens. Les négociations avec d’autres partenaires, tels que l’Union européenne, le Royaume-Uni ou l’Australie, sont encore en cours.

Exigences à respecter pour exporter vers l’Inde

Si l’accord de libre-échange TEPA facilite l’accès au marché indien, celui-ci reste soumis à des règles d’importation strictes. Des documents incomplets ou incorrects peuvent entraîner des retards en douane, des contrôles supplémentaires, voire le refus ou le renvoi des marchandises.

Afin de limiter ces risques, Switzerland Global Enterprise (S-GE) a établi une checklist regroupant les principales exigences à respecter. En voici les éléments clés.

Facture commerciale

Outre les informations usuelles, la facture commerciale doit inclure plusieurs mentions spécifiques, notamment :

  • une description détaillée des marchandises, avec le code HS,
  • le pays d’origine,
  • le poids brut et le poids net,
  • le nombre de colis, les quantités et le type d’emballage,
  • les données de transport (nom du navire ou numéro de vol),
  • le port ou l’aéroport de chargement et de déchargement, ainsi que la destination finale,
  • le cas échéant, le numéro de licence d’importation de l’importateur,
  • le numéro d’identification fiscale GSTIN de l’importateur,
  • la signature juridiquement valable de l’exportateur.

Il est également courant d’ajouter, en fin de facture, une déclaration attestant de l’exactitude des prix et des informations fournies.

Liste de colisage

Chaque expédition doit être accompagnée d’une liste de colisage détaillée. Celle-ci présente l’ensemble des colis, le contenu de chaque unité d’expédition, ainsi que les dimensions et le poids par emballage.

Marquage des marchandises

Les autorités indiennes exigent en pratique un marquage clair des colis. Celui-ci comprend généralement :

  • le nom et l’adresse du fabricant,
  • la désignation et la nature du produit,
  • le pays d’origine,
  • la date de production et, le cas échéant, la date de péremption.

Selon la catégorie de produits, des règles de marquage supplémentaires peuvent s’appliquer, notamment pour les denrées alimentaires ou les produits pharmaceutiques.

GSTIN et PAN

Le numéro GSTIN à 15 chiffres de l’importateur indien doit figurer sur l’ensemble des documents commerciaux et logistiques, y compris :

  • la facture commerciale,
  • la liste de colisage,
  • les documents de transport,
  • les preuves d’origine.

Si l’importateur n’est pas soumis à l’enregistrement GST, le numéro PAN (Permanent Account Number) à 10 chiffres doit être indiqué à la place.

Certificat d’origine

Pour bénéficier des préférences tarifaires prévues par TEPA, un certificat d’origine est requis. Les marchandises d’origine préférentielle doivent être accompagnées :

À noter que la déclaration d’origine ne peut être établie que par un exportateur agréé.

Selon le type de produit et le secteur concerné, des exigences supplémentaires peuvent s’appliquer, telles que des certificats spécifiques pour les machines, les équipements électriques ou les dispositifs médicaux, ou encore des licences particulières pour les marchandises réglementées. Pour les biens à double usage, les règles suisses de contrôle des exportations doivent également être respectées.

La checklist complète est disponible auprès de Switzerland Global Enterprise (S-GE).

Les risques à prendre en compte lors d’exportations vers l’Inde

Au-delà de son fort potentiel, le marché indien comporte également des risques que les PME suisses ne doivent pas sous-estimer. Il s’agit d’un environnement complexe, qui diffère à bien des égards des marchés d’exportation plus traditionnels en Europe.

Parmi les principaux facteurs de risque figurent notamment :

  • un niveau d’endettement élevé des entreprises, en particulier parmi les grands groupes, ce qui a déjà provoqué des tensions au sein du système financier indien ;
  • une forte dépendance aux importations, notamment dans les domaines de l’énergie et des biens d’équipement ;
  • des infrastructures encore insuffisantes dans certaines régions, susceptibles d’entraîner des retards logistiques et des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement ;
  • une lourde bureaucratie et un système judiciaire peu efficace, qui peuvent compliquer la résolution de litiges commerciaux ;
  • l’importance du secteur informel, rendant le recouvrement de créances plus difficile auprès de partenaires locaux ;
  • des risques géopolitiques persistants, liés notamment aux tensions militaires avec la Chine et le Pakistan.

Pour réussir en Inde, les entreprises suisses doivent donc combiner ambition commerciale et gestion rigoureuse des risques.

Comment sécuriser efficacement ses exportations vers l’Inde

Les risques liés au marché indien concernent avant tout la sécurité des paiements et la capacité à recouvrer les créances. D’où l’importance, pour les entreprises suisses, de bâtir des relations commerciales solides sur le long terme et de développer une connaissance approfondie des réalités locales.

Lorsque de nouveaux partenaires sont impliqués, que les montants sont élevés ou que les délais de paiement sont longs, il est recommandé de sécuriser les exportations vers l’Inde de manière ciblée.

Assurance-crédit : une protection clé contre les impayés

Une assurance-crédit protège les entreprises contre les pertes financières lorsque les clients ne règlent pas leurs factures ou les paient avec retard. Elle couvre notamment :

  • les défauts de paiement liés à l’insolvabilité ou à la faillite du client,
  • les retards de paiement prolongés malgré l’échéance de la facture,
  • les risques politiques tels que les conflits, embargos, restrictions de change ou interventions étatiques,
  • les impayés résultant de catastrophes naturelles ou d’événements exceptionnels.

Pour les exportations vers l’Inde, une assurance-crédit Coface offre plusieurs avantages spécifiques :

  • Analyse de solvabilité : des équipes d’experts locaux évaluent la solidité financière des acheteurs indiens et accompagnent les entreprises dans la définition de limites de crédit adaptées ;
  • Suivi continu : l’évolution du comportement de paiement et de la situation économique des clients est surveillée en permanence ;
  • Gestion des sinistres : en cas de défaut avéré, Coface indemnise la part du risque couverte ;
  • Accès facilité au financement : des créances assurées sont généralement mieux acceptées par les banques dans le cadre du financement du fonds de roulement.

Découvrez comment l’assurance-crédit Coface peut sécuriser vos exportations vers l’Inde.

Recouvrement international professionnel

Même avec une évaluation rigoureuse des risques et une assurance-crédit, des retards ou litiges de paiement peuvent survenir en Inde. Pour une entreprise étrangère, faire valoir ses droits par voie judiciaire s’avère souvent long, complexe et incertain.

Un service de recouvrement international spécialisé, tel que celui de Coface, permet de gagner en efficacité :

  • des experts locaux maîtrisent le cadre juridique, les pratiques commerciales et les langues,
  • les solutions amiables sont privilégiées et négociées de manière professionnelle,
  • si nécessaire, les démarches judiciaires sont coordonnées avec des cabinets d’avocats locaux sélectionnés.

Dans un environnement aussi complexe que l’Inde, s’appuyer sur un partenaire expérimenté est un levier essentiel pour recouvrer ses créances tout en préservant la relation commerciale et la réputation de l’entreprise.

Découvrez comment le recouvrement international Coface accompagne les entreprises dans la récupération de créances en Inde.

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Inde

 

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