Zambie

Afrique

PIB / Habitant ($)
1 369,0 $
Population (en 2021)
20,6 Millions

Evaluation

Risque Pays
D
Climat des affaires
C
Précédemment
D
Précédemment
C

suggestions

Résumé

Points forts

  • Production minière (cuivre, soufre, cobalt, nickel) et potentiel (uranium, or, diamant, manganèse)
  • Richesse agricole (maïs, tabac, canne à sucre)
  • Part importante de l’hydroélectricité dans la production d’électricité (85%)
  • Essor du tourisme (20 parcs nationaux, accès aux chutes Victoria)
  • Alternance politique sans heurt en 2021

Points faibles

  • Dépendance au cuivre, accentuée par celle vis-à-vis de la Chine, deuxième importatrice du minerai derrière la Suisse et ses négociants
  • Production d’électricité reposant quasi-exclusivement sur l’hydroélectricité, réseaux de transports défaillants (coupures)
  • Vulnérabilité au changement climatique (agriculture, électricité, tourisme)
  • Enclavement et dépendance aux voies de communication des voisins (Angola, Mozambique, Tanzanie)
  • Crédit peu développé, manque de formation de la main d’œuvre
  • Faible développement du secteur formel, en dehors du secteur minier
  • Défaut souverain en 2020 et endettement extérieur élevé (63% du PIB fin 2025)
  • Fortes inégalités, corruption (92/180 pays, score de 39/100), carences sanitaires, éducatives et administratives, et pauvreté qui touche 62% de la population en 2023

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Suisse
41%
Chine
18%
République démocratique du Congo
15%
Singapour
6%
Afrique du Sud
4%

Import des biens en % du total

Afrique du Sud 26 %
26%
Chine 17 %
17%
Émirats arabes unis 8 %
8%
Inde 5 %
5%
Japon 5 %
5%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Rebond de la croissance grâce à l’investissement et aux exportations

En 2025, la croissance devrait largement rebondir après la sécheresse qui a sévèrement affecté le fonctionnement des centrales hydroélectriques et la production agricole – qui, comme les biens manufacturés (engrais, agroalimentaire, composants à base de cuivre…), concourt de plus en plus aux recettes d’exportation. Ces dernières sont en hausse, favorisées par les prix élevés du cuivre (40% du total) et la hausse des volumes extraits grâce à l’ouverture de nouvelles mines ou l’extension de celles déjà existantes, financés par de nouveaux IDE.

Au-delà du secteur cuprifère, les investissements se concentreront dans l’extension du réseau électrique – à l’intérieur du pays et pour la connexion avec la Tanzanie –, le développement du parc solaire et hydroélectrique – dont le plus grand projet est le barrage Batoka Gorge sur le fleuve Zambèze, à la frontière avec le Zimbabwe – ; et dans les transports, avec la construction des corridors ferroviaires visant à désenclaver le pays, par l’est avec le TAZARA, qui permettra de relier la Zambie au port de Dar Es Salem (Tanzanie), et par l’ouest avec le corridor de Lobito (en Angola) qui passera par la RDC. Les projets routiers domestiques, reliant les grandes villes du pays, portés par des partenariats public-privés, accélèreront en 2026 et devraient aboutir l’année suivante. Le secteur manufacturier n’est pas en reste : il bénéficie d’investissements massifs dans des zones économiques et parcs industriels, orientés vers la production de matériaux de construction, d’acier, de produits agroalimentaires, de composants électriques, de batteries et de textiles.

Enfin, la consommation privée devrait encore accélérer en 2026, grâce à l’afflux croissant de touristes, attirés par les chutes Victoria et les parcs nationaux, mais, surtout, à la réduction de la tension sur les prix des biens importés (carburant notamment) et ceux de l’alimentation. Ces conditions plus favorables résultent de la baisse des prix mondiaux, d’une politique monétaire restrictive, de l’appréciation du kwacha par rapport au dollar, conséquence de l’amélioration de la confiance des investisseurs, et de l’entrée nette de devises étrangères grâce aux IDE, aux recettes d’exportation, et aux déboursements du FMI.

Une sortie de crise de la dette en perspective

Après l’accumulation rapide de dette dans les années 2010 en raison de déficits publics très élevés et de vastes projets d’infrastructures financés par des euro-obligations (pour un total de 3?milliards USD) et des prêts bilatéraux, principalement chinois, la dette publique a atteint environ 35?milliards USD (dont près de 30?milliards USD de dette extérieure) en 2020. Incapable d’honorer un service de la dette représentant plus de 50?% des recettes publiques, la Zambie a été le premier pays africain à faire défaut pendant la pandémie de COVID-19. Un processus de restructuration, dans le cadre commun du G20, a abouti à un accord avec les créanciers bilatéraux officiels (rééchelonnement sur plus de 20 ans, taux réduits à 1–2,5?%, période de grâce de 3 ans) et à un accord avec les détenteurs d’euro-obligations en 2024. En parallèle, la Facilité élargie de crédit du FMI a soutenu la stabilisation macroéconomique et les réformes structurelles, et a été prolongée de trois mois, jusqu’au 30 janvier 2026.

En 2025, malgré un excédent primaire confortable, le déficit public global se creuse et s’écarte de la cible fixée en début d’année en raison d’une hausse des dépenses exceptionnelles pour régler les arriérés d’achat de carburant et du programme agricole, ainsi que les intérêts échus sur la dette extérieure restructurée. En 2026, le déficit devrait se réduire : les recettes fiscales augmenteront grâce à l’amélioration des recettes minières, la suppression progressive de la moitié des exonérations sur les biens manufacturiers importés, le renforcement de l’accise sur les boissons alcoolisées et sucrées, ainsi que la hausse des frais administratifs, des taxes sur les mouvements de capitaux et la possession d’armes à feu. L’amélioration des services publics de santé et d’éducation, et l’organisation des élections présidentielles de 2026 entraineront une hausse des dépenses, moindre que celle des recettes. Ceci, ainsi que l’appréciation du kwacha par rapport au dollar, permettront un très net recul du ratio dette / PIB. La dette était à fin septembre 2025 détenue aux deux tiers par des créanciers étrangers, libellés en devise étrangère : 17% par des créanciers multilatéraux, 22% par des bilatéraux (Chine, Club de Paris, Arabie Saoudite et Inde) et 20% par des acteurs financiers privés. Les négociations sont toujours en cours avec Afreximbank et TDB dont la Zambie conteste la qualité de créanciers privilégiés, les prêts en question ayant été souscrits à des taux commerciaux, parfois très élevés.

Enfin, le compte courant devrait redevenir excédentaire en 2025 et le rester en 2026, avec une marge plus importante, grâce à la croissance des exportations. Le compte de capital et financier est à l’équilibre : les entrées de devises liées aux IDE (Canada, Australie, Royaume-Uni, Chine et USA) sont compensées par l’amortissement des euro-obligations et autres prêts commerciaux. L’excédent courant se traduit donc par une augmentation des réserves de devises, légèrement au-dessus de la valeur cible des 4 mois d’importation.

Ouverture économique et rapprochement avec l’Occident

Le président Hichilema, au pouvoir depuis 2021, devrait remporter les élections d’août 2026, le Front Patriotique (centre gauche) – principal parti d’opposition, qui a dirigé de 2011 à 2021 – essuyant toujours les critiques pour sa mauvaise gestion des finances publiques qui a mené le pays au défaut de paiement lors de la crise Covid. La victoire du parti présidentiel (UPND, centre droit), pourrait néanmoins être moins éclatante qu’aux dernières élections : malgré des résultats économiques solides, une sortie de crise en perspective et l’image d’intégrité du président. Sa réputation est entachée par des arrestations arbitraires de journalistes et d’opposants, ainsi que par le manque d’inclusivité de la croissance, qui n’a pas permis de réduire substantiellement le chômage et la pauvreté, ni d’améliorer les conditions de vie des plus vulnérables.

Hakainde Hichilema défend une politique d’ouverture économique qui contribue à améliorer le climat des affaires et à attirer davantage d’investissements directs étrangers, notamment dans les secteurs minier, énergétique et agricole. Cette orientation pro-marché a rapproché la Zambie de l’Union européenne et des États-Unis, qui soutiennent ces réformes et la restructuration de la dette. Parallèlement, le pays conserve des liens étroits avec la Chine, partenaire historique depuis l’indépendance, qui demeure un acteur majeur dans le financement des infrastructures et le développement industriel.

La Zambie mène une politique régionale active, fondée sur son intégration dans les principales organisations africaines et sur des relations de bon voisinage. Elle est membre de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui regroupe 16 pays et vise à promouvoir la coopération économique, la stabilité politique et la sécurité régionale. Elle appartient également au COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe), qui favorise la libre circulation des biens, des services et des capitaux entre ses États membres ; et participe à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), projet phare de l’Union africaine visant à créer un marché unique pour les biens et services à l’échelle du continent. Sur le plan bilatéral, la Zambie entretient des relations étroites avec la RDC pour la sécurité et les échanges miniers, avec la Tanzanie pour des projets énergétiques et logistiques, et avec le Zimbabwe, malgré quelques tensions politiques causées par le rapprochement de la Zambie avec les Etats-Unis, tandis que le Zimbabwe leur préfère la Russie. Les relations avec le Malawi, l’Angola et le Mozambique restent stables, centrées sur le commerce transfrontalier et les infrastructures.

Dernière mise à jour : octobre 2025

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