Croatie

Europe

PIB / Habitant ($)
21520,7 $
Population (en 2021)
3,8 Millions

Evaluation

Risque Pays
A3
Climat des affaires
A2
Précédemment
A3
Précédemment
A2

suggestions

Résumé

Points forts

  • Long littoral, patrimoine historique et naturel propices au tourisme
  • Soutien des fonds de l’UE
  • Diversification précoce des sources d’énergie (hydraulique dominante, terminal GNL de Krk,),
  • Membre de la zone euro et de l’espace Schengen depuis le 1er janvier 2023
  • Membre de l’OTAN
  • Faible taux de criminalité par rapport à la moyenne de l'UE

Points faibles

  • Dépendance au tourisme (20 % du PIB et de l’emploi, 40% des exportations) d’origine européenne
  • Forte dépendance aux importations d’énergie (60 %) et potentiel ENR sous-exploité
  • Lacunes institutionnelles : manque d’efficacité de l’administration, de l’éducation, de la formation professionnelle, de la santé et de la justice ; faiblesse de la R&D, chevauchement des niveaux administratifs, corruption
  • Pénurie de main-d’œuvre alimentée par l’émigration de travailleurs qualifiés et le déclin de la population
  • Faible diversification industrielle / manque de productivité et de compétitivité
  • Manque et cherté des logements disponibles pour la population dû au nombre élevé de vacances et de locations de courte durée à visée touristique
  • Vulnérabilité aux risques climatiques (sécheresses, inondations, feux de forêt)

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Allemagne
12%
Italie
11%
Bosnie-Herzégovine
11%
Slovénie
11%
Hongrie
6%

Import des biens en % du total

Allemagne 14 %
14%
Italie 13 %
13%
Slovénie 12 %
12%
Hongrie 6 %
6%
Autriche 5 %
5%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Une croissance toujours tirée par la dualité fonds UE / tourisme

Comme en 2026, la croissance restera solide en 2027, même si elle devrait progressivement se modérer après plusieurs années d’expansion soutenue. La demande des ménages restera le principal moteur de l’activité, portée par l’étroitesse du marché du travail favorisant les rémunérations. Le taux de chômage demeure parmi les plus faibles de l’UE (3,8 % en avril 2026), tandis que les salaires nominaux continuent d’augmenter à un rythme soutenu (+8,4 % en glissement annuel en mars 2026). Néanmoins, le durcissement des conditions d’octroi du crédit à la suite des récentes mesures macroprudentielles (plafonnement du taux d’endettement à 45% du revenu disponible et limitation du ratio prêt/valeur à 90%) et l’environnement économique mondial incertain pourraient progressivement tempérer la dynamique pour le deuxième semestre de 2026 et 2027. L’inflation restera relativement élevée (5,8 % en glissement annuel en avril 2026), principalement sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie (+17,8 %), la Croatie demeurant fortement dépendante des importations d’hydrocarbures. Néanmoins, les dispositifs gouvernementaux de plafonnement des prix de l’énergie et les mesures de soutien ciblées devraient en limiter partiellement l’impact sur les ménages et les entreprises en 2026.

L’investissement restera l’autre pilier de la croissance grâce à l’absorption continue des fonds européens. La Croatie figure parmi les États membres les plus performants dans l’utilisation de la Facilité pour la reprise et la résilience (RRF), dont l’enveloppe atteint près de 10 milliards d’euros, soit environ 12 % du PIB. Le pays a déjà reçu près des trois quarts de ces fonds, dont une huitième tranche de 897 millions d’euros en mars 2026, et devrait absorber la quasi-totalité des montants restants avant l’échéance d’août 2026. Ces financements continueront de soutenir les investissements dans les infrastructures de transport, notamment la modernisation du réseau ferroviaire, la transition numérique, les infrastructures de santé ainsi que la diversification énergétique. L’expansion du terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) de Krk et les investissements dans les renouvelables devraient également renforcer la sécurité énergétique et réduire la vulnérabilité aux chocs extérieurs. L’adhésion attendue à l’OCDE d’ici fin 2026 pourrait également soutenir l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers, déjà renforcée par l’entrée dans l’espace Schengen et l’adoption de l’euro en 2023.

Le tourisme, demeurera l’un des principaux soutiens à l’activité. Les investissements engagés dans les infrastructures hôtelières, à l’image du projet Pical Resort à Pore? (200 millions d’euros d’investissement), ainsi que le développement des capacités aéroportuaires accompagné de l’ouverture de nouvelles liaisons internationales, notamment à Dubrovnik en 2026, continueront d’accompagner la montée en gamme du secteur. Néanmoins, la baisse observée des permis de construire accordés, vraisemblablement due au renchérissement du coût de la construction, pourrait se traduire par une baisse de l’activité dans le résidentiel. Toutefois, après le fort rebond observé à la sortie de la pandémie, la croissance du nombre de visiteurs devrait progressivement ralentir en raison de contraintes de capacité persistantes, notamment à Split, Zadar et Dubrovnik, mais également de la hausse des tarifs.

Les déficits jumeaux resteront sous pression

Après s’être creusé depuis 2024, le déficit public devrait se stabiliser juste au seuil européen de 3 % du PIB en 2026 et 2027. Les dépenses resteront soutenues par la hausse des salaires du secteur public, des allocations de retraite, des prestations sociales, ainsi que les besoins de la défense. Néanmoins, la progression des recettes fiscales, portées par la consommation des ménages et certaines mesures ciblées, dont la taxe immobilière de 2024 renforcée sur les résidences secondaires, devraient empêcher un creusement supplémentaire du déficit. Par ailleurs, une large partie des investissements liés aux infrastructures, à la transition énergétique et à la numérisation continuera d’être financée par les mécanismes européens. Malgré cette orientation budgétaire encore expansionniste, le poids de la dette devrait poursuivre sa trajectoire baissière grâce à la croissance économique robuste et aux conditions de financement favorables depuis l’entrée dans la zone euro.

La Croatie affiche un important déficit commercial structurel, reflétant sa dépendance aux importations de biens d’équipement, de produits manufacturés et d’hydrocarbures. Si le tourisme génère un important excédent des services, celui-ci ne compense plus intégralement le déficit sur les biens. La vigueur de la demande intérieure, particulièrement de l’investissement, soutiendra les importations, tandis que les exportations de marchandises (produits alimentaires, produits intermédiaires industriels, matériel électrique, habillement, bois, médicaments) resteront contraintes par la croissance modérée des principaux partenaires commerciaux, notamment l’Allemagne, l’Italie, la Slovénie et la Bosnie-Herzégovine. La hausse de la facture énergétique devrait également alourdir temporairement la facture des importations en 2026 avant une modération attendue en 2027. Les investissements directs étrangers (IDE), principalement issus de l’Union européenne, associés aux fonds UE, resteront la source principale de financement extérieur, avec une concentration notable dans les services financiers (25 %), l’industrie manufacturière (18 %) et l’immobilier (17 %).

Vie politique locale toujours tendue

Les élections législatives d’avril 2024 ont vu l’Union démocratique croate (HDZ), parti conservateur de centre-droit dirigé par le Premier ministre Andrej Plenkovi?, conserver sa position dominante, malgré une légère baisse de sa représentation parlementaire (61 sièges contre 66 précédemment sur les 151 du Sabor). Le HDZ a formé une coalition avec le Mouvement patriotique (DP, 14 sièges), lui permettant d’obtenir un troisième mandat consécutif, tandis que l’opposition de centre-gauche (représentée surtout par le SDP) a progressé dans le contexte de forte participation électorale. La vie politique devrait rester tendue après la réélection écrasante de Zoran Milanovi? (ancien SDP) à la présidence en janvier 2025 avec 74,7 % des voix. Cette victoire confirme la polarisation du paysage politique et la cohabitation parfois difficile entre Z. Milanovi?, régulièrement critique envers certaines positions de l’UE et de l’OTAN, et A. Plenkovi?, fermement pro-européen. Néanmoins, les pouvoirs limités du président réduisent le risque de blocage institutionnel et le gouvernement devrait conserver une stabilité suffisante jusqu’aux prochaines élections législatives prévues en 2028.

Sur le plan social, le pays fait face à des défis démographiques majeurs, avec le vieillissement rapide de la population et l’émigration importante des jeunes qualifiés. Le gouvernement a annoncé des mesures pour stimuler la natalité, notamment le doublement des allocations familiales.

En matière de politique étrangère, la Croatie a des différends frontaliers avec plusieurs voisins, notamment la Slovénie concernant la baie de Piran, et la Serbie au sujet de leur frontière le long du Danube. Le pays reste également divisé sur son implication dans le soutien à l'Ukraine, avec le récent refus du président Milanovi? d'autoriser la participation croate à la mission de formation de l'OTAN pour l'Ukraine.

Dernière mise à jour : juin 2025