Burkina Faso

Afrique

PIB / Habitant ($)
866,6 $
Population (en 2021)
23,4 Millions

Evaluation

Risque Pays
D
Climat des affaires
D
Précédemment
D
Précédemment
D

suggestions

Résumé

Points forts

  • Ressource aurifère majeure et potentiel minier encore largement inexploité (zinc, manganèse, argent, fer)
  • Membre de l’Union Économique et Monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMAO), qui assure la stabilité du franc CFA par rapport à l’euro, et de la Confédération des Etats du Sahel
  • Soutien du FMI au moyen d’une Facilité élargie de crédit (FEC) d’environ 300 millions de dollars sur 48 mois, jusqu’en 2027
  • Consolidation budgétaire sous l’égide du FMI
  • Dette publique majoritairement domestique

Points faibles

  • Dépendance aux cours de l’or et du coton
  • Vulnérabilité aux aléas météorologiques, l’agriculture et l’élevage représentant 18,6% du PIB en 2024 et 31% de l’emploi en 2023
  • Contexte sécuritaire extrêmement précaire (insurrection islamiste) avec perte de contrôle de plus d’un tiers du territoire, ce qui pénalise l’économie et dégrade les conditions humanitaires
  • 2,7 millions de personnes en insécurité alimentaire (11,4 % de la population), 2,1 millions de déplacés internes, 37,5% de la population en extrême pauvreté (2024)
  • Faible indice de développement humain (classé 186ème sur 193 pays en 2024) : informalité (93,5% des emplois), emploi précaire (83% des travailleurs), vulnérabilité des jeunes (13,8 % des 15–24 ans ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études)
  • Faible productivité, industrie manufacturière réduite
  • Faiblesse des infrastructures (énergie, eau, transport) dans un pays enclavé
  • Instabilité politique (deux coups d’État en 2022)

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Suisse
67%
Émirats arabes unis
8%
Mali
6%
Côte d'Ivoire
3%
Europe
3%

Import des biens en % du total

Europe 19 %
19%
Côte d'Ivoire 13 %
13%
Chine 13 %
13%
Russie (Fédération de) 9 %
9%
Ghana 6 %
6%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Croissance portée par l’or et l’agriculture

En 2025, malgré la hausse de la production d’or, la croissance ralentira légèrement. L’activité agricole subit une pluviométrie moins favorable, la baisse des prix du coton et la fermeture de SOCOMA, deuxième plus grande compagnie cotonnière, en juillet 2025. La croissance devrait rebondir en 2026, soutenue par l’essor continu de l’activité aurifère et la reprise agricole, pour autant que la météo soit favorable et la sécurité ne se dégrade pas. La relance minière s’appuiera sur la réouverture de sites fermés pour raisons sécuritaires, la formalisation de l’exploitation artisanale, ainsi que la mise en production de la mine Kiaka fin juin 2025. Les prix élevés de l’or continueront de stimuler les investissements étrangers, inversant progressivement le recul de la production observé depuis 2022. La reprise agricole dépendra de conditions climatiques plus favorables et d’une amélioration de la sécurité dans les zones de production. L’Offensive agropastorale et halieutique continuera de soutenir le secteur via la fourniture d’intrants et d’équipements, avec plus de 104 milliards de FCFA (157,5 millions d’euro) mobilisés pour la campagne 2025-2026. L’économie bénéficiera également de projets d’infrastructures visant à renforcer la connectivité, notamment le nouvel aéroport de Ouagadougou-Donsin, attendu en 2026. Le secteur des services, qui représente 22 % du PIB, contribuera aussi à la croissance, porté par la forte activité des services publics.

Cependant, l’insécurité et l’instabilité politique persistantes continueront de peser sur la confiance des investisseurs et des bailleurs. Enfin, même si l’évolution de la politique économique américaine aura un impact direct limité, les États-Unis ne représentant que 0,3 % des exportations en 2024, elle pourrait affecter le pays indirectement via les fluctuations du prix de l’or.

L’inflation devrait rester sur ou sous la cible de 3 % fixée par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) en 2025 et 2026. Les effets de la bonne récolte céréalière de 2024 continuent de modérer les prix alimentaires et de soutenir la consommation des ménages. La baisse des prix de l’énergie et les subventions publiques pour contenir le coût de la vie renforcent cette tendance. En 2026, la désinflation devrait se poursuivre si le recul des prix mondiaux de l’alimentation et de l’énergie se poursuit, et la production agricole est robuste. Le ralentissement de l’inflation, conjugué au desserrement monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) – dont la BCEAO suit le cycle – a incité cette dernière à abaisser son taux directeur de 25 points de base en juin 2025, à 3,25%. De nouvelles baisses sont attendues fin 2025 et en 2026, favorisant davantage la croissance.

Assainissement des finances publiques sous l’égide du FMI

Le Burkina Faso poursuit la consolidation budgétaire avec l’appui du FMI dans le but de réduire sa dépendance à l’aide extérieure. Le programme bilatéral signé en septembre 2023 vise à renforcer la discipline des finances publiques en contrepartie d’un financement de 302 millions de dollars sur quatre ans au titre de la FEC, dont 131 millions étaient déjà été versés en juin 2025. Bien que supérieur à la norme communautaire de l’UEMOA (3 % du PIB), le déficit budgétaire devrait reculer en 2025 et 2026. En 2025, cette réduction est portée par le meilleur ciblage des aides sociales et la hausse des recettes fiscales, notamment grâce à l’application de la TVA sur les ventes en ligne. A cela s’ajoute l’augmentation des revenus aurifères liée à la révision du code minier de 2024, à la production accrue et à la hausse des cours mondiaux. En 2026, les recettes devraient progresser de 4 % par rapport à celles de la loi de finances rectificative 2025, tandis que les dépenses augmenteraient de 4,1 %. Le déficit, bien qu’en valeur absolue plus élevé, devrait diminuer en part du PIB grâce à une croissance plus forte. Une hausse imprévue des dépenses militaires reste possible selon l’évolution sécuritaire. Le déficit fiscal est financé par des emprunts sur le marché obligataire régional, complétés par des prêts bilatéraux et multilatéraux. La consolidation budgétaire et la croissance permettront de réduire le ratio dette/PIB, qui restera largement en dessous du seuil de convergence UEMOA (70 %). La dette publique est soutenable selon le FMI.

Le déficit du compte courant devrait se réduire en 2025 et 2026, porté par l’augmentation du surplus commercial. Les exportations d’or (82% des exportations totales en 2024) resteront solides grâce à des prix élevés et à la reprise de la production, tandis que les exportations de coton rebondiront avec la récupération de la filière. Parallèlement, la baisse des prix du carburant et des denrées alimentaires limitera la valeur des importations, même si les investissements miniers et le recours à des contractants militaires privés russes stimuleront les importations de services techniques. L’essor de la production aurifère, très largement contrôlée par les investisseurs étrangers, entraînera toutefois un rapatriement accru des bénéfices, creusant le déficit des revenus primaires. L’excédent des revenus secondaires restera fragile, dans un contexte de suspension de certaines aides bilatérales au développement. Enfin, le différentiel de taux favorable entre la BCEAO et la BCE contribuera à renforcer les réserves de change.

Insécurité et instabilité politique persistantes, rupture avec l’Occident

Après un premier coup d’État en janvier 2022, qui a renversé le président Kaboré pour son incapacité à contenir l’insurrection djihadiste, le lieutenant-colonel Damiba, arrivé au pouvoir, a lui-même été évincé en septembre de la même année pour les mêmes raisons. Depuis, le Burkina Faso est dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Conseil national de la Transition. Les élections, initialement prévues en juillet 2024, ont été reportées au plus tôt en 2029. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été dissoute en juillet 2025.

L’instabilité politique restera forte en 2025 et 2026. La junte n’est pas parvenue à contenir l’insurrection islamiste menée par les groupes Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) et État islamique – Province du Sahel (EIPS), plus de 30 % du territoire échappant toujours au contrôle de l’État. Cette incapacité à restaurer la sécurité alimente un profond mécontentement au sein des forces armées. Le risque d’un nouveau coup d’État demeure élevé. Toutefois, la junte bénéficie de son contrôle de l’appareil étatique, de la centralisation du pouvoir autour du président, de la mainmise sur les ressources économiques stratégiques, principalement minières, et du soutien de forces paramilitaires russes (Africa Corps). Elle bénéficie également de l’appui des régimes militaires voisins du Mali et du Niger et encore du soutien de la population, notamment dans la capitale, qui apprécie la politique d’indépendance, de lutte contre la corruption, de reprise en main du secteur de l’or.

Depuis leur départ de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), en janvier 2025, le Burkina Faso, le Mali et le Niger renforcent leur coopération économique, politique et sécuritaire au sein de la Confédération des États du Sahel (CES), créée en septembre 2023. Cependant, les échanges avec les pays de la CEDEAO sont maintenus pendant la négociation d’un nouvel accord. L’appartenance à l’UEMOA n’est pas remise en cause, notamment à l’union monétaire, même si les États de la CES envisagent de créer leur propre monnaie et institutions économiques, dont un fonds d’investissement et un fonds de stabilisation, dont le financement reste incertain faute de ressources et de soutien extérieur. Pour réduire leur dépendance aux bailleurs étrangers, ils ont lancé la Banque confédérale d’investissement, alimentée par une contribution équivalente à 5 % des recettes fiscales de chaque état-membre. Les relations avec la Russie et d’autres pays non occidentaux se renforcent, tandis que celles avec l’Occident, notamment la France, restent tendues. Après l’expulsion des forces françaises, américaines et onusiennes, la Russie est devenue la principale partenaire diplomatique et militaire du Burkina Faso et des autres membres de la CES. Entre 100 et 200 militaires russes du groupe Africa Corps (ex-Wagner) sont présents au Burkina Faso, pour l’instant principalement pour des missions de protection, de formation et de logistique.

Dernière mise à jour : octobre 2025

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