Etudes économiques
Metallurgie

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Asie-Pacifique
Europe centrale et de l'est
Amérique Latine
Moy-Orient & Turquie
Amérique du Nord
Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Poursuite de la restructuration des principales activités-clés dans les différents segments du secteur métallurgique (nickel, cuivre, zinc, terres rares, aluminium)
  • Coûts de production réduits pour les grands producteurs mondiaux.
  • Produits utilisés dans de nombreuses industries à travers le monde, en particulier pour la production de batteries électriques, et de pièces en aluminium dédiées aux véhicules électriques

Faiblesses

  • La pandémie a affecté la demande ainsi que l’offre
  • Faible taux global de capacité de production
  • Pression accrue des autorités chinoises pour réorganiser les industries sidérurgiques et de l’aluminium
  • Forte dépendance à l’égard de la politique économique chinoise
  • Difficultés des ‘secteurs clients’ (construction, automobile)

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

La pandémie de coronavirus a entraîné un arrêt brutal de l’activité économique au premier semestre de l’année passée, pénalisant ainsi le secteur métallurgique dans son ensemble. Coface anticipe ainsi une baisse du PIB mondial de 4,3 % en 2020 et une reprise de et +4,4% en 2021. De nombreux secteurs clients tels que la construction, l’aéronautique et l’automobile ont diminué leur demande de métaux à cause de la crise de la COVID-19.

Selon SteelHome, les prix trimestriels moyens sidérurgiques aux États-Unis, en Chine et en Europe ont baissé respectivement de 26 %, 0,3%, 7 % entre le troisième trimestre (T3) 2019 et le T3 2020. Pour sa part, le minerai de fer, a connu une hausse des prix en raison d’une offre en retrait, induite par des conditions climatiques difficiles (de nombreux incendies notamment) en Australie et au Brésil, ainsi que des fermetures de mines chez ce dernier. Son cours trimestriel a cru de 7% sur la période ci- avant mentionnée.

Toutefois, la reprise économique est amorcée dans de nombreuses régions du monde, bien qu’elle soit disparate entre les pays et dépende fortement des différentes mesures de soutien public à l’investissement, ainsi que de la situation sanitaire des pays par rapport à la pandémie, qui peut, selon les cas, entrainer le renouvellement de mesures visant à restreindre la mobilité, en vue de freiner la circulation du virus. La reprise est également marquée par une consommation des ménages au niveau mondial, en deçà de ses niveaux d’avant pandémie, du fait d’une diminution des revenus et d’une hausse de l’épargne de précaution, due à l’incertitude que fait peser la crise sanitaire.

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Analyse approfondie du secteur

La pandémie de coronavirus a donné lieu, principalement au premier semestre de l’année passée, à des mesures drastiques de confinement affectant l’activité économique. Le secteur de la métallurgie a donc été négativement impacté. En outre, la dynamique du secteur des métaux, très dépendant de la conjoncture économique mondiale, devrait être très différentes, en fonction des régions du monde. L’Europe et les Amériques étant toujours aux prises avec le virus, tandis que les pays asiatiques semblent avoir maîtrisé sa propagation. Coface estime pour 2020 l’évolution du PIB à 1 %, -8,3 % et -3,7 %, respectivement en Chine, en Europe et aux États-Unis. En revanche, Coface anticipe une reprise économique mondiale cette année avec des taux de croissance qui devraient se situer à 7 %, 5,3 % et 3,2 % respectivement en Chine, en Europe et aux Etats – Unis en 2021.

La consommation mondiale d’acier, de cuivre et de nickel devrait respectivement croître de 4,2 %, 5,1% et 10,5% en 2021, d’après le Département de l’industrie, de la science, de l’énergie et des ressources australien. La consommation va continuer à rebondir en Chine grâce aux mesures de relance prises par le gouvernement central pour faire face aux conséquences de la pandémie. L’amélioration de la confiance des agents économiques, notamment dans le sillage des campagnes de vaccinations contre la COVID- 19 qui a démarré depuis la fin 2020 dans de nombreuses économies avancées, couplé à une reprise économique graduelle dans la majorité des pays du monde est de nature à stimuler la demande pour la consommation de métaux, qui devraient dans l’ensemble s’améliorer malgré les incertitudes et les difficultés qui persistent. Les fermetures de mines ont notamment concerné les plus grands pays producteurs, qui font l’objet d’une reprise différenciée. La région minière d’Antofagasta au Chili, où se situe la mine de Chuquicamata, la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert au monde, est la région la plus touchée par l’épidémie de la COVID-19 dans le pays, après la capitale Santiago. Pour faire face au virus, le nombre de travailleurs présents dans les mines a été restreint, engendrant une baisse de la production. Cependant, le rebond de la demande chinoise pour les principaux métaux industriels a permis aux prix moyens trimestriels d’augmenter de 14 % pour l'aluminium, 22 % pour le cuivre, 16 % pour le nickel et 19 % pour le zinc, entre le troisième trimestre et le deuxième trimestre 2020. Le taux de marge nette des différents segments analysés par Coface (acier, cuivre, nickel, zinc, etc.) a diminué entre le troisième trimestre 2019 et le troisième trimestre 2020. L'industrie sidérurgique au niveau mondial, a enregistré un taux de marge nette négatif pour le T3 2020, atteignant -0,1 % alors qu'il était de 5,8 % au T3 2019. Seule l'industrie du cuivre semble avoir quelque peu stabilisé sa rentabilité en fin d’année passée.
L’activité métallurgique en Asie redémarre de façon plus soutenue que dans les autres principaux marchés, étant donné que le déconfinement y a eu lieu plus tôt. La réouverture des mines au cours de l’année passée au niveau mondial, principalement amorcé dès le T2 2020 et qui se poursuit, permet un accroissement de l’offre, qui est déterminé par la reprise graduelle de l’activité de la construction et de l’automobile, premiers utilisateurs de produits sidérurgiques. Cette reprise est disparate, notamment en fonction des différentes régions du monde.

La production d’acier a en effet augmenté de 1% en Chine alors que l’Union européenne et l’Amérique du Nord ont connu des baisses de 18% et 17% respectivement en 2020.

En Chine, où les mesures ont été allégées depuis avril 2020, la reprise est permise par les projets d’infrastructure du gouvernement central. A fin juin 2020, la production d’acier en Chine a retrouvé son niveau pré-COVID-19. Entre février et novembre 2020, l’utilisation des capacités de production des usines de fabrication des plaques d’acier dans ce pays a augmenté de 26 points de pourcentage passant ainsi de 70,5% à 96,7%.

En Inde, la demande d’acier a diminué de 90% en avril 2020, en raison des mesures de confinement. Malgré des mesures moins strictes, les travailleurs migrants qui ont rejoint leurs villages refusent de revenir sur les chantiers de construction par peur d’attraper la COVID-19. Les autorités de l'Etat de Maharashtra, dont Bombay est la capitale, estiment que 80% des ouvriers du BTP ont quitté la capitale financière du pays.

En Europe, la demande de métaux, liée à la reprise économique progressive, repose également sur les infrastructures publiques, puisque la demande provenant du segment des particuliers et du non-résidentiel est en baisse en raison de la baisse des revenus et de l’investissement. D’après l’association Européenne de l’acier Eurofer, la production de la construction devrait diminuer de 3,6% en 2020 avant de rebondir de 5% en 2021. Le secteur de la construction, s’est avéré être plus résilient que le secteur automobile et celui de la mécanique, dont les productions devraient diminuer de 20,6% et 11% en 2020 respectivement, avant de rebondir de 18,1% et 7,4% en 2021 respectivement d’après Eurofer.

Aux Etats-Unis, l’épidémie n’était pas maitrisée au moment de l’écriture de cette fiche, la baisse de la demande et de la production d’acier devrait se prolonger. D’après l’ISM (Institute of Supply Management), l’indice manufacturier a atteint l’année passée, 57,5 en novembre contre 59,3 en octobre, démontrant la fragilité du secteur manufacturier.

Au moment de l’écriture de cette fiche, en fin d’année passée, l’ Amérique du Sud faisait face à une forte circulation du virus SARS-CoV-2. En raison des mesures prises par les autorités pour s’attaquer à la pandémie, le secteur industriel a pâtit de la situation . Au Brésil, pays le plus touché d’Amérique du Sud par l’épidémie en 2020, la production industrielle fut stagnante en octobre après plusieurs mois de déclin. Les secteurs de la construction et de l’automobile brésiliens souffrent aussi de la crise de la COVID-19. Global Data prédit une contraction de l’industrie du textile de 6% en 2020. De surcroît, d’après Ward’s automotive, la production de véhicules à la fin octobre 2020 sur 10 mois a décru de 40%.

L’évolution des cours des principaux métaux reflète celle de la situation économique et sanitaire. Après avoir baissé en réponse à la crise de la COVID-19, les prix des principaux métaux sont en hausse. Selon SteelHome, les prix trimestriels moyens de l’acier en Chine et en Europe ont augmenté respectivement de 9,4% et 6,5% entre le T2 2020 et T3 2020. Sur la même période, le prix de l’acier aux Etats-Unis a baissé de 3,6%.  Néanmoins, les prix trimestriels du minerai de fer ont grimpé de 17%, une hausse qui entame les marges des sidérurgistes. Le niveau des cours des métaux est en effet en 2020 resté inférieur à ceux de 2019 ; ils devraient connaître un rebond cette année, en raison du regain d’activité attendu dans les secteurs-clients dans l’industrie manufacturière. Malgré les difficultés, la sidérurgie reste dans l’ensemble, dans les principaux marchés, une activité rentable. Elle se montre davantage résiliente lors de cette crise liée à la COVID-19 que lors de la crise des subprimes en 2008-2009. Il faut cependant noter que ce sont les entreprises de l’industrie ayant les coûts les plus faibles et la demande plus durable, qui ont pu limiter les effets négatifs de ce choc global.

Dans le moyen terme, la nécessité de réduire l’impact écologique du secteur et la poursuite du développement des motorisations électriques devraient continuer de fortement impacter son activité.

Le développement des énergies éolienne et solaire, ainsi que la démocratisation de la voiture électrique nécessitent des quantités de cuivre et de nickel très importantes. Une voiture à propulsion électrique contient 3 fois plus de cuivre que les voitures à propulsion thermique. Pour le nickel, les écarts peuvent varier de 3 à 30, en fonction des technologies et des caractéristiques techniques des véhicules. Les constructeurs automobiles, qui cherchent à diminuer le poids des véhicules vont, à terme, favoriser l’aluminium qui est 10 à 40 fois plus léger que l’acier. Ceci participera à l’augmentation de l’autonomie du véhicule.

En phase avec l’élaboration d’un « Green Deal », un programme d’investissement dans les énergies vertes, les Etats européens tentent de faire émerger un consensus afin de rendre l’économie du continent durable, notamment au travers de l’exploitation des ressources naturelles. Ainsi, Coface s’attend à ce que la demande de métaux et d’alliages tels l’aluminium, le nickel, le palladium et le platine soit en croissance dans les années à venir. Dans ce contexte, les entreprises de petite et moyenne taille du secteur métallurgique devraient rencontrer des difficultés, car la transition du secteur supposera de lourdes dépenses d’investissement, notamment dans la R&D et lors de l’extraction de minerai.

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Dernière mise à jour : février 2021

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