Etudes économiques
Construction

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Amérique du Nord
Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Croissance démographique mondiale
  • Poursuite de l’augmentation de l’urbanisation
  • Politiques monétaires accommodantes dans l’ensemble à l’échelle mondiale et faible taux d’intérêt dans les économies avancées

Faiblesses

  • Le niveau d’endettement des entreprises de la construction, notamment en Chine reste élevé
  • Endettement élevé des ménages dans l’ensemble au niveau mondial
  • Secteur procyclique dont certains segments sont durablement impactés par les conséquences de la crise sanitaire liée à la COVID- -19

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

La pandémie de coronavirus a donné lieu à des mesures de confinement affectant l’activité économique dont le secteur de la construction. Coface estime la contraction du PIB mondial à -4,3% en 2020 et anticipe un rebond de la croissance du PIB mondial de 4,4% en 2021. Les chantiers ont été impacté par les mesures de confinement au premier semestre 2020 (S1) principalement. Bien que ces restrictions aient eu lieu à des degrés différents en fonction des régions du monde, certains chantiers n’ont toujours pas à ce jour retrouvé leur capacité d’avant crise de la COVID-19, en raison des protocoles sanitaires mis en place et des contraintes liées au travail à distance. La dynamique de la crise et l’impact sur la reprise varient en fonction des différents segments de la construction, malgré le caractère pro cyclique du secteur.  La reprise économique est désormais amorcée dans de nombreux pays, grâce, notamment, aux politiques économiques publiques de relances ainsi qu’à des politiques monétaires accommodantes. Dans ce contexte, certains sous-segments du secteur de la construction devrait être plus résilient que d’autres. C’est le cas des infrastructures dont les projets jouent un rôle clé dans les plans de relance. Dans leur majorité, ces plans de relance s’inscrivent dans une volonté des états de continuer à ‘décarboniser’ le secteur, afin de répondre aux enjeux environnementaux. En outre, dans une moindre mesure, l’activité dans le résidentiel privé devrait se redresser progressivement, malgré des incertitudes économiques toujours importantes et un niveau d'endettement des ménages toujours élevé au niveau mondial. Cette dynamique, qui devrait entraîner de grandes disparités entre les régions du monde, devrait être soutenue par l'évolution des préférences des ménages, notamment en faveur d’une mobilité croissante des mégalopoles vers des zones moins urbanisées, après avoir vécu plusieurs épisodes de confinement. En revanche, les perspectives du segment de l'immobilier commercial sont globalement négatives à moyen terme dans le monde entier. La demande associée devrait rester faible malgré la reprise économique attendue cette année, car la crise de la mobilité déclenchée par la crise sanitaire a conduit plusieurs entreprises, tant dans différents secteurs d'activité que dans différentes régions du monde, à modifier durablement leur organisation du travail, avec la généralisation du télétravail.

Construction 1 FR
Analyse approfondie du secteur
L’activité de l’immobilier résidentiel devrait se remettre progressivement des effets de la crise sanitaire, tandis que le segment de l'immobilier commercial devrait rester durablement en difficulté

Le secteur de la construction est procyclique et a été touché par la récession économique mondiale déclenchée par la crise COVID-19 l'année dernière. Dans un contexte d'incertitudes économiques et de niveau d'endettement global toujours élevé pour les ménages du monde entier, estimé par l'Institut de Finance International (IFI) à 49,2 billions de dollars au troisième trimestre (T3) 2020, contre 47,1 billions au T3 2019. Cependant, certains facteurs pourraient soutenir la demande des ménages pour le logement privé. D’une part, le faible niveau des taux d'intérêt dans les principales économies. D’autres part, l’aspiration croissante d’une partie de la population urbaine à organiser différemment leur mode de vie, dans le sillage d’une généralisation accélérée du télétravail et après plusieurs épisodes de confinement. Un exemple emblématique de cette tendance est le dynamisme de l’activité de l’immobilier résidentiel aux États-Unis. En décembre 2020, malgré une nouvelle hausse des contaminations COVID-19 dans le pays, tous les indicateurs de l'activité dans la construction résidentielle étaient élevés et atteignaient des records. La confiance des constructeurs de maisons a en effet atteint un niveau historique, tandis que les permis de construire et les mises en chantier ont atteint leur plus haut niveau en 14 ans. La forte demande pour le logement privé et le niveau bas des intérêts des prêts immobiliers ont soutenu cette activité. Pour sa part, les perspectives du segment de l’immobilier non résidentiel étaient déjà plus sombres que l’activité du logement privé avant la crise de la COVID-19 aux États-Unis. Coface s’attend à ce que cette tendance se poursuivre cette année. Tout d'abord, au cours de la première vague de confinement au cours du S1 2020, de nombreux travaux ont dû être interrompus et ont donc subi de graves retards. L’effet de certains de ces retards se poursuit aujourd’hui. De plus, même dans les régions où les travaux de construction ont été autorisés pendant les périodes de confinement qui ont suivi dans le reste de l'année 2020, la demande était alors faible, en raison de divers facteurs. Parmi ceux-ci, figurent les incertitudes entourant les activités économiques ainsi qu’une baisse structurelle cette demande, due à la nouvelle organisation des entreprises, suite à la généralisation du travail à distance. Enfin, l'augmentation des pratiques de "travail à distance" et de "travail à domicile" en raison de la crise de la mobilité, liée à la crise sanitaire, implique que, d'une part, les baux commerciaux en cours pourraient ne pas être renouvelés. D’autre part, au regard de ces évolutions, l'attrait de nouveaux projets de construction d'immobilier commercial à grande échelle à long terme est remis en question.

En effet, les entreprises et leurs salariés, qui se sont adaptés au télétravail, parfois par contrainte, sont désormais en mesure de le pérenniser dans leur organisation sur le long terme. Elles peuvent donc s'interroger sur la nécessité de conserver tout ou partie de leur patrimoine immobilier. C'est l’une des raisons pour laquelle un géant des TIC comme Facebook a annoncé en 2020 qu'il continuerait à promouvoir massivement le travail à distance pour ses employés, même au-delà de la crise de la COVID-19.

Le segment des infrastructures devrait rester relativement résilient malgré le choc de la crise sanitaire

Les gouvernements considèrent le secteur de la construction comme un secteur clé pour la reprise économique et l’identifie comme générateur d'emplois. La reprise en cours dans ce secteur est bien illustrée par le rebond des prix du PVC dans les principales économies mondiales. Le PVC est une matière plastique largement utilisée comme intrant dans la construction (voir graphique). Dans les principales économies avancées, l'investissement public devrait être soutenu par une réduction des coûts du service de la dette grâce à des politiques monétaires accommodantes. Dans ces circonstances de financement favorable, à la faveur des politiques monétaires conduites; plusieurs grands projets d'infrastructure sont toujours en cours, notamment ceux qui concernent les infrastructures de services publics, ainsi que la rénovation thermique des bâtiments. La plupart des plans de relance mis en place par les grandes économies pour surmonter les effets de la crise sanitaires prévoient un soutien aux travaux d’infrastructures. Aux États-Unis, par exemple, le président élu Joe Biden a fait notamment campagne en tant que candidat, sur la nécessité de rénover les infrastructures du pays. Il sera utile de suivre ce qui sera réalisable par le gouvernement américain sur ce dossier ; dans un contexte où cette question était déjà en discussion, lors du mandat de son prédécesseur, le président Trump. En Europe, par exemple, le Royaume-Uni a annoncé l'année dernière un plan de relance comportant des projets d'infrastructures, notamment des infrastructures scolaires et sanitaires dans le pays à hauteur de 6,4 milliards de dollars. Le plan de relance français prévoit 4 milliards d'euros pour la rénovation des bâtiments et la rénovation thermique. Les pays d'Europe de l'Est, qui restent attractifs grâce au coût relativement faible de la main-d'œuvre qualifiée, devraient bénéficier d'investissements dans de nouvelles infrastructures, notamment en lien avec la délocalisation potentielle des activités numériques induites par les conséquences de la crise. Par exemple, en juin 2020, Google a annoncé son intention d'investir 2 milliards de dollars dans un centre de données en Pologne. Cette dernière initiative est l'un des exemples qui illustrent le fait que les investissements privés dans les infrastructures par les géants de la “tech” devraient se poursuivre à court et moyen terme. En effet, les TIC sont l'un des secteurs que la Coface identifie comme résilients à la crise COVID-19, car ils bénéficient d'effets collatéraux, tels que le besoin accru de produits permettant d'obtenir des outils numériques à des fins professionnelles, domestiques et de loisirs, dans le contexte de la crise de la mobilité générée par la crise sanitaire.

Les profondes transformations en cours dans le secteur avant la crise, notamment pour répondre aux enjeux environnementaux devraient se poursuivre

Les acteurs du secteur de la construction sont engagés depuis quelques années dans une trajectoire ‘dé-carbonisée’ afin, notamment, de répondre à la volonté des consommateurs et des pouvoirs publics de prévenir les risques environnementaux et de lutter contre le changement climatique. L’Union Européenne (UE) s’est par exemple engagée à atteindre la « neutralité carbone » pour les nouvelles constructions d’ici 2050, ainsi qu’à réduire les émissions de carbone dans ce secteur de 40 % d’ici 2030. Le plan qu’elle a mis en place dans ce sens « European Green New Deal Investment Plan » fournit un cadre pour les investissements dans les infrastructures « vertes ». Cela va donner lieu à des investissements dans des infrastructures de transport à faible émissions de carbone (train à grande vitesse, transports en commun, infrastructures de recharge électrique). La crise sanitaire ne devrait pas modifier cette trajectoire. D’ailleurs, la dotation de 49,1 milliards d’euros de budget dédié aux ressources naturelles et environnement de l’UE en 2021, le déploiement des énergies renouvelables devrait également bénéficier au secteur de la construction. Par ailleurs, depuis 2012, le gouvernement australien a composé une Agence australienne des énergies renouvelables (ARENA), qui s'est engagée dans 543 projets pour un investissement de USD 1,6 milliard depuis 2012. En Amérique Latine, où 80% de la population est urbaine, la décarbonatation des bâtiments représente un marché de près de USD 4 billions d’ici 2030, d’après la Banque Mondiale.

L’adoption de nouvelles technologie de type Intelligence Artificielle (IA) et robotique, devrait s’accélérer suite à la crise de la COVID-19, dû à la nécessité de favoriser le travail à distance. Parmi les innovations en la matière, on peut citer les systèmes robotiques pilotés par l’IA pour trier, ramasser et traiter les débris de démolition en vue de leur recyclage.

 

Dernière mise à jour : février 2021

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