Etudes économiques
Agroalimentaire

Agroalimentaire

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Asie-Pacifique
Europe centrale et de l'est
Amérique Latine
Moy-Orient & Turquie
Amérique du Nord
Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Forte demande des pays émergents (notamment la Chine et l’Inde)
  • Secteur relativement résilient à la crise économique et sanitaire liée à la pandémie de la COVID-19

Faiblesses

  • Secteur très dépendant des aléas climatiques et biologiques
  • Secteur très impacté par les tensions protectionnistes
  • Volatilité des cours des matières premières agricoles

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

Le secteur agro-alimentaire se montre résilient face à la crise économique et sanitaire liée à la COVID-19 dans l’ensemble, étant donné son caractère essentiel. Il doit cependant faire face à quelques difficultés dans ce contexte. C’est le cas pour la baisse d’activité dans les restaurants et les bars, qui a engendré une baisse de la demande pour l’ensemble du secteur. De plus, la production de viande a été perturbée puisque de nombreux transformateurs de viande ont dû temporairement fermer après la contamination à la COVID-19 de certains de leurs employés. Enfin, les récoltes en Europe et en Amérique du Nord ont été impacté par le manque de main d’œuvre temporaire étrangère induite par la fermeture des frontières.

Coface s’attend également à ce que les risques biologiques, inhérents au secteur et récemment exacerbés par l’épidémie de la peste porcine africaine (PPA) ainsi que les conséquences de l’expansion de la chenille légionnaire d’automne et de l’invasion de criquets en Afrique, exercent des pressions à la baisse sur la production mondiale de produits agricoles cette année.

La PPA qui continue de sévir en Asie – notamment en Chine – et en Europe a un impact sur le marché mondial du porc, étant donné que la Chine est le premier consommateur et producteur mondial.

Le phénomène climatique, La Niña, caractérisé par une température plus basse que la normale dans le Pacifique sud, qui entraîne des modifications météorologiques autour du globe, est en cours et devrait durer jusqu’au printemps 2021 au moins. Les récoltes des matières premières agricoles devraient se trouver impactées par la Niña.

Agri-food FR
Analyse approfondie du secteur
L’agro-alimentaire reste un secteur résilient dans l’ensemble face à la crise de la COVID-19 mais l’impact et la reprise seront différenciés en fonction de ses différents segments

Bien que le secteur agro-alimentaire résiste bien à la crise de la COVID-19 dans l’ensemble et comparativement à d’autres secteurs (tels que les transports ou l’automobile), certains segments sont durement touchés. Tout d’abord, la fermeture des restaurants et des bars dans la plupart des économies pendant les confinements et, à leur réouverture, leur moindre fréquentation liée à la prudence des consommateurs et à leur crainte de l’épidémie. De plus, la recrudescence du nombre de cas, qui conduit de nombreux pays à fermer les bars et restaurants ou à imposer des normes très restrictives pour la fréquentation des restaurants, est responsable d’une baisse de la demande adressée au secteur agro-alimentaire. En effet, les restaurants, qui constituent un débouché important pour les producteurs, ont vu leur activité chuter depuis le début de l’année : les réservations dans les restaurants au niveau mondial étaient nulles du 23 mars au 30 avril (-100% en glissement annuel), elles ont remonté pour atteindre un maximum (depuis le début de la crise) en septembre (-29%), mais, suite à la nouvelle vague de hausse de contamination à la COVID-19 dans de nombreuses régions du monde et aux nouvelles contraintes sanitaires, les réservations ont diminué à nouveau (-60% en glissement annuel le 1er décembre). Les producteurs d’alcool ont été particulièrement impacté, et dans moindre mesure les autres segments de l’agro-alimentaire.

En plus de la diminution de l’activité des restaurants, le secteur a été impacté par la COVID-19 via d’autres canaux. Craignant d’importer le coronavirus sur son territoire, la Chine a suspendu, au T3 2020 l’importation de viande émanant de plusieurs usines notamment du Brésil, de l’Argentine et de l’Amérique du Nord, après que certains de leurs employés ont contracté la COVID-19. La Chine étant le plus gros importateur de viande au monde, ces restrictions pourraient avoir un impact sur les marchés agro-alimentaires des pays visés, si ces suspensions perduraient. Le segment des matières premières agricoles a, quant à lui, tiré parti de la situation, même s’il a également connu quelques difficultés. Tout d’abord, les phénomènes de stockages de denrées alimentaires notamment les pâtes durant les premières périodes de confinement généralisées, la moitié de l’humanité étant dans cette situation au second trimestre 2020, ont causé un boost de demande pour le secteur. Suite à cette hausse de la demande, certains pays (la Russie, par exemple, le plus gros exportateur de blé au monde) ont mis en place des restrictions aux exportations de biens alimentaires, craignant des pénuries et une forte inflation des biens alimentaires. Ces restrictions causent des pressions inflationnistes sur les prix internationaux des produits alimentaires. Enfin, quelques pays (tels que la France, l’Allemagne et les États-Unis) ont temporairement fait face à un manque de main d’œuvre pour la récoltes des matières premières agricoles.

À moyen terme, l’impact de la crise de la COVID-19 sur le secteur devrait rester modéré et varier selon les segments. Coface s’attend à ce que la restauration continue d’être lourdement impactée et recouvrera lentement, en raison des mesures prises pour ralentir la propagation du virus. Cette lente reprise devrait particulièrement s’illustrer par une demande qui devrait rester contenue.

Les risques biologiques et climatiques qui préexistaient à la crise liée à la COVID-19 sont toujours présents

La Peste Porcine Africaine (PPA) s’est déclarée en Europe et en Asie pendant l’été 2018. L’Asie est très affectée par la maladie qui s’est répandue dans la région, causant des ravages chez les producteurs de porc, tout particulièrement en Chine, qui représente 50% de la production et de la consommation mondiale de porc. La PPA en Chine a plusieurs conséquences. La plus directe est l’augmentation des importations chinoises de porc en provenance d’autres régions du monde tels que l’Union Européenne et des États-Unis. Cette augmentation de la demande chinoise a entraîné une très forte hausse des prix du porc qui a poussé certains consommateurs chinois à s’orienter vers d’autres viandes. Cela s’est traduit par une augmentation de la demande extérieure de bœuf et de poulet dont profitent le Brésil, l’Argentine et l’Union Européenne (le Brésil est le premier exportateur de bœuf et de poulet au niveau mondial, l’Union européenne le 3e exportateur de bœuf et le 2e exportateur de poulet, l’Argentine est le 4e exportateur de bœuf). De surcroît, la diminution du cheptel porcin chinois a entraîné une moindre demande de soja au niveau mondial, ce dernier étant principalement utilisé pour nourrir les porcs. Selon le ministère américain de l’agriculture, l’USDA, la production de porc en Chine devrait recommencer à augmenter en 2021 principalement en raison de la reconstruction progressive du cheptel porcin chinois. Selon l’USDA,la production de porc mondiale a chuté de 11% par rapport à 2019 mais devrait en effet augmenter de 9% en 2021. De plus, les stocks de viande de porc détenus par la Chine et vendu sur le marché domestique, pour tenter de maintenir les prix, diminuent et font monter les prix du porc sur le territoire qui étaient en août 2020, 63% supérieur à leur niveau d’août 2019. De plus, des cas de PPA ont récemment été découvert sur des sangliers en Allemagne, le plus gros exportateur et producteur européen de porc. Suite à cela, plusieurs pays, tels que la Chine, la Corée du Sud, le Japon, le Brésil et l’Argentine, ont arrêté l’importation de viande de porc allemande ; les autres pays de l’Union Européenne ont, pour leur part, arrêté d’importer de la viande de porc de provenant de la région touchée par la PPA, mais continuent les importations du reste du territoire. Au final, tout ceci pourrait tirer les prix du porc vers le haut et, par effet de substitution, celui des autres viandes, qui verraient leur demande s’accroître à mesure que le porc devient plus cher.

En plus de la PPA, il faut noter deux risques biologiques important pour le secteur agro-alimentaire : la chenille légionnaire d’automne (FAW pour Fall Armyworm) et le criquet. La FAW est une chenille qui se nourrit principalement de maïs, mais aussi de riz, de sorgho et de coton, entre autres. Elle a été détectée pour la première fois en Afrique de l'Ouest début 2016. La FAW a aujourd’hui atteint plusieurs pays asiatiques, dont le Vietnam, le Myanmar, le Bangladesh, l'Indonésie, Taiwan et la Chine, ainsi que l’Australie. La Chine est le deuxième plus grand producteur mondial de maïs, la présence de la FAW pourrait donc conduire à des pressions inflationnistes sur les prix mondiaux du maïs. Une invasion de criquet est en cours notamment en Afrique de l’Est, sur la péninsule arabique, en Iran et au Pakistan.

Un épisode du phénomène climatique La Niña, caractérisé par des températures plus faibles que la normale dans le Pacifique Sud et qui cause des perturbations météorologiques dans le monde entier est actuellement en cours, ce qui pourrait avoir un impact sur la production de matières premières agricoles. L'effet global de La Niña est difficile à évaluer car les pertes dans certains pays pourraient être compensées par des gains dans d'autres. Toutefois, la récolte de certaines matières premières pourrait être plus touchées car leur production est plus concentrée géographiquement, comme le soja, dont les trois principaux producteurs (États-Unis, Brésil et Argentine qui, ensemble, produisent environ 80 % de la production mondiale de soja) devraient connaître des conditions climatiques plus sèches en raison de La Niña.

La Chine augmente ses achats de biens agricoles américains dans le cadre de la phase 1 de l’accord commercial, signé en janvier 2020.

Dans le cadre de la phase 1 de l’accord commercial visant à apaiser les tensions commerciales entre les deux pays, la Chine devra augmenter ses importations de biens agricoles américain de USD 12,5 milliards en 2020 et de USD 19.5 milliards en 2021 par rapport aux niveau de 2017. Cependant, rien ne garantit à ce stade que la Chine achètera suffisamment de biens agricoles américains pour respecter les termes de l’accord : la Chine ne dispose que de peu de marge de manœuvre pour accroître ses importations de soja américains, puisqu’elles sont saisonnières et la PPA a diminué les besoins en soja de la Chine. La hausse des achats de produits agricoles devrait par conséquent principalement s’appliquer sur le segment de la viande, dont les besoins chinois ont justement augmenté à cause de la PPA. Il faut cependant noter que la Chine a augmenté ses importations de soja des États-Unis de 35% sur les 11 premiers mois de l’année, en glissement annuel. Ces dernières restent cependant inférieures à la période pré-guerre commerciale.

 

Dernière mise à jour : février 2021

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